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Paris

Galerie Eva Hober

Exhibition Detail
LES ENFANTS DU PARADIS (“Children of Paradise”)
35 - 37, rue Chapon
75003 Paris
France


October 18th, 2011 - November 19th, 2011
Opening: 
October 18th, 2011 6:00 PM - 9:00 PM
 
, Jerome ZonderJerome Zonder
© Courtesy of the artist and Galerie Eva Hober
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.evahober.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
galerie@evahober.com
PHONE:  
+ 33 (0) 6 25 48 02 12
OPEN HOURS:  
Tue - Sat 11-7pm
> DESCRIPTION

« Entrez ! La vérité est ici. Entrez et quand vous l’aurez vue, vous y penserez le jour, vous en rêverez la nuit. Entrez ! », alpague le bateleur, sur le boulevard du Crime devant son théâtre de forain, dans le film « Les Enfants du paradis » de Marcel Carné. L’oeuvre mythique, dialoguée par Jacques Prévert, est l’arrière-pays de l’exposition que Jérôme Zonder crée cet automne à la galerie Eva Hober, à Paris.
Sorti en 1945, avant la fin de la guerre, le long-métrage est une vertigineuse coursepoursuite entre fiction et réalité, entre la vie et la scène. Un mouvement que Jérôme Zonder amplifie par quatorze dessins grand format où l’intensité du trait interroge les ressorts de la violence ainsi que ses crispations dans les destins individuels et l’histoire collective.

C’est désormais sur la scène contemporaine que se déroulent les vies de Garance et  Jean-Baptiste, les amoureux des « Enfants du paradis », et celle de Lacenaire prénom : Pierre-François), l’écrivain public et metteur en actes de scènes criminelles. Les dessins de Jérôme Zonder sont autant d’arrêts sur image du film que réalisent nos vies quotidiennes où « le mondial et l’intime s’entredévorent ». La violence du monde s’immisce tranquillement au coeur de la chambre des enfants.  Elle entre par la petite porte, une lucarne, celle de l’écran d’ordinateur et y déverse ses flots d’images de tous acabits. Tangibles ou virtuelles ? Difficile de discerner.

La frontière entre réalité et fiction s’est dissoute à une vitesse fulgurante, pulvérisant dans son sillage corps et âmes. Instaurant une seule règle à laquelle se mesurer : la force. Dans l’exposition, le gris va crescendo jusqu’à la compacité du noir, matérialisant la montée de violence qui accompagne le brouillage des idéaux où, comme chacun sait, Che Guevara n’est plus qu’une icône de tee-shirt dupliquée à l’infini.

Les artistes de la Renaissance ont construit la perspective à partir du point de fuite de la scène théâtrale. Mais la scène n’est plus, le monde contemporain l’a incorporée. Un acte s’accomplit-il ? Déjà il devient une photographie de téléphone portable, un film de caméra-DV, une fiction adressée sur la toile au village planétaire où le global escamote le local. Jérôme Zonder y puise son univers graphique et se risque derrière le paravent des contes pour enfants où la violence se met à nu et s’emballe sans rencontrer de points de repère si ce n’est celui du game over.

En 1929, dans un livre majeur intitulé « Malaise dans la culture », Sigmund Freud écrivait :

« La question décisive pour le destin de l’espèce humaine me semble être de savoir si et dans quelle mesure son développement culturel réussira à se rendre maître de la perturbation apportée à la vie en commun par l’humaine pulsion d’agression et d’auto-anéantissement. » Cette pulsion cherche à se libérer. Trouvera-t-elle les paroles et les idéaux où être circonscrites pour agir en phénoménale énergie de construction ? Les oeuvres de Jérôme Zonder se placent au carrefour de notre regard et de notre responsabilité.

Annabelle Gugnon,
critique d’art et psychanalyste

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“Children of Paradise”

“Come in! The truth is here. Come in, and when you have seen it, you will think about it during the day, and dream about it at night. Come in!”, shouts the street acrobat on the Boulevard du Crime outside his fairground theatre, in the film “Children of Paradise” by Marcel Carné. The mythical piece, which dialogues were created by Jacques Prévert, is the hinterland of the exhibition that Jérôme Zonder is creating this autumn at the Eva Hober gallery in Paris. Released in 1945, before the end of the war, the feature film is a vertiginous chase between fiction and reality, and between life and the stage. It is a movement that Jérôme Zonder amplifies with fourteen large-framed drawings in which the intensity of the stroke questions the motivations of violence as well as its tensions in individual destinies and collective history.

The lives of Garance and Jean-Baptiste, the lovers of “The Children of Paradise”, now unfold on contemporary stages, as well as that of Lacenaire (first name: Pierre-François), the letter-writer and director of criminal scenes. Jérôme Zonder’s drawings are as many freeze-frames of the film that our daily lives produce where “the global and the intimate devour each other”. The violence of the world interferes quietly in the middle of the children’s bedroom. It comes in through a small door, a dormer window, that of the computer screen, and pours its flood of images of all sorts into it. Are they tangible or virtual? It’s hard to tell. The line between reality and fiction has dissolved at dazzling speed, shattering bodies and souls in its wake. And establishing one single rule to confront one another, and that rule is strength. In the exhibition, grey intensifies until it reaches the density of black, materialising the rise of violence that goes with the loss of ideals where, as everyone knows, Che Guevara is only a t-shirt icon duplicated ad infinitum.

The artists of the Renaissance created perspective from the vanishing point of the theatrical stage. But the stage is no more, the contemporary world has incorporated it. Is an act being  accomplished? It has already become a mobile phone photograph, a camera DV film, a fiction on the web aimed at the global village, where the global evades the local. From this, Jérôme Zonder draws his graphic universe, and ventures behind the screen of children’s fairytales where violence bares all and gets carried away without encountering any landmark but that of game over. In 1929, in a major book called “Civilisation and Its Discontents”, Sigmund Freud wrote:

“The decisive question for the destiny of the human race seems to me to be able to know if and to what extent its cultural development will succeed in being able to master the disturbance brought to living together by the human urge to be aggressive and to self-annihilate.”

This urge wants to free itself. Will it find the words and ideals to act as a phenomenal building energy? The works of Jérôme Zonder stand at the meeting point of our gaze and our responsibility.

Annabelle Gugnon,
art critic and psychoanalyst


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