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Paris

galerie du jour agnès b.

Exhibition Detail
Mother India
Curated by: Andre Magnin
44 rue Quincampoix
75004 Paris
France


September 16th, 2011 - October 29th, 2011
 
,
© Courtesy of galerie du jour agnès b.
Sans Titre, Acharya VyakulAcharya Vyakul, Sans Titre,
1999, Aquarelle sur carton, 31 x 23 cm
© Courtesy of the artist and galerie du jour agnès b.
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> ARTISTS
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galeriedujour.com/
NEIGHBORHOOD:  
4th Arrondissement
EMAIL:  
jour@agnesb.fr
PHONE:  
+33 (0)1 44 54 55 90
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 12-7
> DESCRIPTION

Toujours, les voyages nous font comprendre que ce sont les Hommes qui magnifient les lieux et,
les plus grands « magnificateurs » sont toujours les artistes qui recréent la genèse. Des plus lointains
villages, dans toutes les cultures, ce sont toujours les artistes qui étendent leur pouvoir créateur, leur pouvoir de protestation....

(M)other India. Une autre Inde. Et surtout une autre façon de regarder l’art de l’Inde contemporaine, une façon comme en marge des conventions — toujours là, quelle que soit l’époque, pour brouiller le jardin.

Trois grands chapitres à ce (M)other India.

D’abord les artistes indiens déjà présentés par le passé à la galerie du Jour : Vyakul en 1993, Tantra en 1995 et Korwa en 1997, tous de nouveau montrés en 2005 à l’ENSBA. Trois expositions préparées par l’écrivain et poète Franck André Jamme.

Acharya Vyakul, disparu en 2000, grand peintre brut et excentrique formé dans l’art populaire et
le tantrisme, fut l’une des « stars » de Magiciens de la Terre, au Centre Pompidou, en 1989.
C’était la première exposition de sa vie. Indifféremment abstrait ou figuratif et travaillant « ,quand ça lui prenait », il sera devenu en dix ans un artiste international, présent dans un bon nombre de grandes collections privées.

Les peintures tantriques abstraites du Rajasthan, avant tout, supports de méditation, sont en fait des merveilles de formes et de couleurs. Lumineuses, simples et extraordinairement présentes, elles
faisaient elles aussi partie de Magiciens de la Terre et ont plus tard conquis les amateurs outre-Atlantique, en particulier au Drawing Center de New York en 2004.

Présentes aussi, les « écritures magiques » de la tribu Hill Korwa, au centre de l’Inde, des hommes et des femmes dont le rêve fut toujours et obstinément d’écrire et qui, visités trois ou quatre fois en vingt ans par divers chercheurs, s’emparèrent spontanément des pinceaux  et crayons qu’on leur proposait pour tracer chaque fois d’inoubliables textes admirablement mis en page et composés d’alphabets totalement imaginaires. Ces raretés eurent également leur heure de gloire au Drawing Center, en 2000.

Deuxième chapitre de (M)other India : quelques pièces majeures des « autres maîtres de l’Inde », les populations tribales, les adivasis, littéralement les « premiers habitants » du sous-continent indien. De rares grands formats réalisés à l’initiative d’Hervé Perdriolle, lequel collecte ces artistes depuis 1996. Parmi ces oeuvres, des peintures de Jivya Soma Mashe, le légendaire artiste de la tribu Warli, déjà présenté par Magiciens de la Terre, puis très récemment dans l’exposition Autres Maîtres de l’Inde, au musée du Quai Branly ; et aussi des travaux de Chano Devi, instigatrice dans le Bihar du style « Godana Painting », maintenant pratiqué par de nombreuses femmes ; sans oublier la célèbre Bhuri Bai, de la tribu Bill.

Enfin, la troisième partie de notre tryptique : présentée pour la première fois en Fance, l’une des scènes émergentes de l’art contemporain indien, regroupée autour de la Gallery Maskara de Bombay. Cinq jeunes artistes seront ainsi honorés par (M)other India : T. Venkana, Shine Shivan, Aaditi Joshi, Priyanka Choudary et Prashant Pandey. Qui partagent tous un corps omniprésent, un corps certainement refoulé par une organisation familiale et sociale souvent lourde, et qui soudain s’exprime, enfin, à travers sexe, sang ou urine. Corps : matière animée. Matière : corps sensible. Avec même un ultime invité, un solitaire, le toujours un peu scandaleux Sanjeev Khandekar, qui nous étonne avec ses subtiles et si fines Sick Paintings, dont on a peine à croire qu’elles furent peintes en fait au « fresh vomit » — le corps encore.
Voilà.

Point commun des regards devant toutes ces pièces, et point commun aussi entre toutes ces pièces, courant en elles : peut-être simplement quelque profonde jubilation devant la diversité, devant la puissante et délicieuse richesse de la diversité.

Mais l’Inde, après tout, est ainsi.

(Franck André Jamme est l’auteur du titre (M)other India, l’exposition de cette rentrée 2011)

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Travel constantly increases our understanding that it is People who glorify places and the greatest “glorifiers”
are always the artists who make things new again, so that we are able to see them with fresh eyes.

From the most far-flung villages, in any culture, it is always the artists who reach out with their creative power, their power of protest...
(M)other India. Another India. And, above all, another way of looking at contemporary Indian art, a way that is on the margins of convention – always there, in whatever era, to blur the picture.

There are three major sections to this (M)other India.

First, the Indian artists who have already exhibited in the past at the galerie du Jour: Vyakul in 1993, Tantra in 1995 and Korwa in 1997, all of them shown again in 2005 at the Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts. Three exhibitions mounted by the writer and poet Franck André Jamme.

Acharya Vyakul, a great primitive and eccentric painter whose work was shaped by popular art and Tantrism, died in 2000. But in 1989 he was one of the “stars” of Magiciens de la Terre at the Pompidou Centre. It was the first exhibition of his life. An artist equally at home with abstract and figurative art, working “when the fancy took him”, he was within ten years an international figure, with pictures in a large number of private collections.

The abstract Tantric paintings from Rajasthan, primarily aids to meditation, are wonders of form and colour. Luminous, simple and extraordinarily present, they too formed part of the Magiciens de la Terre exhibition and later conquered art lovers across the Atlantic, especially at the Drawing Center in New York in 2004.

Also present are the “magic writings” of the Hill Korwa tribe, in the centre of India – women and men whose dream was always, determinedly, to write. They were visited three or four times in twenty years by various researchers, and they would spontaneously seize hold of the brushes and pencils offered them, each time creating unforgettable texts, beautifully set out on the page and made up of totally imaginary alphabets. These rarities also had their moment of glory at the Drawing Center in 2000.

The second section of (M)other India involves some major works by the “other Indian masters”: the tribal populations, the adivasis (literally the “early inhabitants”) of the Indian subcontinent. These rare large formats were created on the initiative of Hervé Perdriolle, who has been collecting these artists since 1996. Among the works are paintings by Jivya Soma Mashe, the legendary artist of the Warli tribe, already exhibited by Magiciens de la Terre, then again very recently at the exhibition Autre Maîtres de l’Inde at the Quai Branly museum. There are also works by Chano Devi, who introduced the “Godana Painting” style to the Bihar, a style now practised by many women. Last but not least, there is the renowned Bhuri Bai, from the Bill tribe.

The third panel of our triptych, presented for the first time in France, features one of the emerging scenes in contemporary Indian art, centred around the Gallery Maskara in Mumbai. Five young artists will thus be honoured by (M)other India: T. Venkana, Shine Shivan, Aaditi Joshi, Priyanka Choudary and Prashant Pandey. For all of them, the body is omnipresent, a body that is certainly inhibited by often cumbersome family and social structures, but now suddenly finding expression through sex, blood and urine. The body: animate matter. Matter: sensitive body. And there is still a final guest, who stands on his own, the always slightly scandalous Sanjeev Khandekar, who amazes us with his subtle and delicate Sick Paintings. It is hard to believe they were in fact painted with “fresh vomit” – the body, once again.

That’s it.

The common feature of looking at all these pieces, and also the common feature linking all of them, running through them, is perhaps simply a deep jubilation at diversity, at the powerful and delightful richness
of that diversity.

But India, after all, is like that.

(Franck André Jamme is the author of the title (M)other India, the exhibition for this autumn 2011)



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