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Paris

Galerie Olivier Robert

Exhibition Detail
JULIEN BENEYTON, OXMO PUCCINO
5, rue des Haudriettes
75003 Paris
France


June 30th, 2011 - July 25th, 2011
 
Fruits de nuits, Oxmo PuccinoOxmo Puccino, Fruits de nuits,
2011, c-print , 53 x 80 cm
© Courtesy of the artist and Galerie Olivier Robert
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galerieolivierrobert.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
info@galerieolivierrobert.com
PHONE:  
+33 (0)1 43 25 31 87
OPEN HOURS:  
Tuesday-Saturday, 2pm-7pm
TAGS:  
photography
> DESCRIPTION
« Ut Pictura Poesis » : « Il en est de la poésie comme de la peinture ». Pas question ici de reprendre le débat qui, de Léonard à Greenberg, en passant par Lessing et Baudelaire, a questionné, détourné, manipulé et digéré la célèbre sentence d’Horace. Pour autant, si l’on met de côté toute notion de hiérarchisation, la distinction, ou plutôt la non-distinction, entre peinture et poésie retrouve tout son intérêt lorsqu’elle est remixée par deux artistes contemporains évoluant sur des frontières similaires. Oxmo Puccino, poète et chanteur, dévoile son regard à travers l’appareil photographique. Julien Beneyton, peintre, a bien compris qu’au désenchantement du monde répondait une poésie de la lumière.


A l’origine, tous les deux viennent du rap et partagent cette même terre cultivée. A poursuivre cette métaphore, l’on pourrait aller jusqu’à les imaginer, tels des arbres, les racines plongées dans le hip hop. Ils y puisent leur force, s’y ressourcent, mais s’en détachent aussi ; s’élevant, ils transforment cette manne nourricière afin d’atteindre une vision plus large du monde environnant. Aucun sentiment de supériorité pour autant, bien au contraire. Mais la certitude profondément ancrée qu’en érigeant, en déterrant des cultures souterraines, ils pouvaient montrer la beauté de l’envers du décor. Ils semblent dès lors poursuivre cette quête d’un renversement possible des valeurs, laissant leurs racines évoluer à l’air libre comme celles des arbres magnifiés de Giuseppe Penone.

Pour Oxmo Puccino, c’est même jusqu’au Mali que remonte sa généalogie sentimentale. Le Mali, un des territoires les plus fertiles de la statuaire africaine (Dogons, Bambaras, Bozos, Sénoufos, entre autres), peuple l’imaginaire d’œuvres d’art magistrales. Mais derrière le masque, que reste-t-il aujourd’hui de cet héritage culturel au cœur d’un pays rongé par la pauvreté ? Et comment projeter son regard sur un passé à la fois si proche et si lointain lorsque l’on est une sorte de « déraciné » ? C’est justement toute l’élégance d’Oxmo Puccino que d’arriver à ne rien trahir. Ses images ne jouent ni sur l’image mythique de l’Afrique ancestrale, ni ne cherchent à faire jaillir le pathétique de ce qui n’est que la vie. Un instantané du réel, seulement troublé par son indéfectible capacité à révéler la grâce de tout ce qu’il contemple. Et les croisements qu’il opère en nous renvoyant, en miroir, des photographies de Paris, ne font qu’ajouter une strate à cette vaste réflexion sur l’échange, entre césures et permanences.
C’est par ce même regard qui offre à la vérité la possibilité de se parer de dignité que Julien Beneyton construit ses peintures. Peu importe d’où il en extrait la sève : de Paris à New York, de Nouakchott à Varsovie, ses tableaux étalent de l’intensité sur l’homme, sur des hommes, qui se font forts d’affronter une vie similaire. Portraits et paysages se mêlent alors et fusionnent, effaçant les plans, entrelaçant les histoires, densifiant la pensée.

Comme un symbole, un diaporama sur un combat de boxe vient illustrer cette lutte fictive. Un tête-à-tête, un « entre d’eux », aller-retour entre des pensées et des continents. La boxe en Afrique, c’est évidemment le mythe du combat, cet entre dieux, qui voit Muhammad Ali défier George Foreman à Kinshasa en 1974, dans un condensé de ruptures culturelles et d’affrontements socio-politiques. Mais la boxe, c’est aussi ce noble art, symbole de la pratique de nos deux artistes ; combattants pacifistes, ils manient avec précision et dextérité l’esthétique, la science du déplacement et la technique du coup juste pour éveiller nos consciences. Pas de K-O, non, mais la certitude qu’à la fin de l’envoi, ils touchent.

Benjamin Bianciotto


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