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Paris

Galerie Marian Goodman - Paris

Exhibition Detail
You Have Been There
Curated by: Marie Muracciole
79 rue du Temple
75003 Paris
France


July 6th, 2011 - July 30th, 2011
 
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> ARTISTS
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.mariangoodman.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
parisgallery@mariangoodman.com
PHONE:  
+33 (1) 48 04 70 52
OPEN HOURS:  
Tues -Sat - 11am - 7pm
TAGS:  
film, collage, photography
> DESCRIPTION

Vous avez été là - cette exposition réunit un ensemble d’œuvres autour de l’idée du départ. Certaines sont liées au simple passage d’un lieu à un autre ou d’un temps à un autre. D’autres se réfèrent à des transformations de l’existence, à la fin d’une histoire ou d’une croyance. Chacune figure à sa manière l’énergie et la perte que génèrent les changements de trajectoires, les choix, les séparations. Le titre renvoie à une vision fugitive, ou plus analytique, des distances parcourues ou imaginées, des ruptures et des métamorphoses accomplies.

Onze artistes aux pratiques distinctes et issus de générations et de contextes différents, se rencontrent autour d’un dénominateur commun momentané qui est la figure du départ ou celle de la bifurcation. Cartographies, relevés transitoires, constellations fictives, représentations de l'attente ou de la séparation, ces images ne peuvent former une seule histoire et se prêtent aux déplacements de l'imaginaire. Elles ne se ressemblent pas et ne se complètent pas. Elles ne proposent pas de cohésion formelle ou idéologique. Leur présence ici ouvre des territoires et des dérivations possibles, et invite à y circuler à notre tour.

Départs

La cosmogonie disposée par Annette Messager sur une table où ses éléments semblent temporairement échoués s’intitule L’ensemble des mondes. Les planètes sont des globes terrestres pris dans des fragments de corps, des filets ou des objets, et ces figures hybrides gravitent dans un univers mental qui accorde le dérèglement et la fable.

Moyra Davey associe la notion d’accident à sa pratique photographique, en particulier dans ses Mailers, une série constituée de groupes d’images qu’elle expédie par la poste vers leur lieu d’exposition et qui portent les signes du voyage accompli. The End est constitué de douze « mailers » et donne une définition du départ radicale et définitive. Car les photographies se réfèrent au poète John Keats et aux lieux qui lui sont attachés à Rome où il est mort à 25 ans en 1821.

Le cinéaste Amar Kanwar évoque en quatre actes brefs, d’une économie narrative radicale, l’histoire d’une séparation. Une grande part des images de A Love Story est prise dans une décharge gigantesque à la bordure de New Delhi. L’espace de tri et de transformation des rebuts est transfiguré par la lumière et l’activité qui s’y déroule renvoie aux processus de la mémoire – la préservation et le choix, le rejet et la séparation, le recyclage des traces de ce que nous vivons et l’oubli de ce que nous perdons.

Attentes, intersections

Les trois photographies de David Goldblatt nous transportent dans la banalité de la vie occidentalisée : automobiles stoppées par la circulation, salle d’attente d’organisme de crédit. Autant de cadres quotidiens qui modèlent ensemble l’autonomie et l’isolement.

Dans Intersection, Jeff Wall dresse une trame urbaine saturée, où de rares passants et des manifestations très minoritaires de la nature affrontent le règne du construit et l’invasion verbale de l’affichage. Les véhicules qui avancent et les signes de clôture de l’espace n’évoquent pas vraiment la circulation et la possibilité du passage. Cette image, comme d’autres photographies de Wall, a saisi une cohabitation entre des mondes qui se croisent sans entrer en contact.

Gerard Byrne a photographié des arbres dans des lieux où Samuel Beckett a vécu. Il les a mis en scène comme des décors de théâtre en référence à la didascalie qui ouvre En attendant Godot : « Une route de campagne. Un arbre. Soir ». Ni l’un ni l’autre ne sont le véritable « point de départ » de la pièce, mais ils évoquent les coexistences entre la littérature et la vie, entre l’imaginaire et le quotidien.

Enfin avec Le Mur des Paresseux, Restaurant de la villa Harris ou Family Tree, les photographies d’Yto Barrada associent les signes de l’abandon et de l’attente avec ceux de la projection du désir, ou de la métamorphose du temps : rêves de départ impossibles, désencombrement des images du passé, ou états hybrides de ruines modernes envahies par des végétations inquiétantes.


Bifurcations, dérives

Dans la série des Mapping Journey, Bouchra Khalili a filmé huit migrants clandestins qui racontent leur trajet jusqu’en Europe et en retracent les étapes sur une carte murale. À chaque film, elle a attribué une sérigraphie, transformant le parcours effectué en une constellation céleste dont les astres sont terrestres.

Prey de Steve McQueen a pour figure principale un magnétophone qui diffuse un son énigmatique, à la fois discontinu et saccadé. L’objet posé dans l’herbe s’élève brusquement, attaché à un ballon, arrachant à la gravité terrestre le motif ténu et insistant d’un numéro de claquettes.

Go with the flow est une fraction de mythologie personnelle ; Christoph Keller y raconte comment il a confié à la bifurcation nord-sud d’une rivière japonaise l’orientation de ses recherches entre la science et l’art. Dans cette fiction, la décision est prise par « le courant » et la « nature ». Dans l’œuvre de Keller, le choix entre les formes différentes de l'expérimentation reste ouvert comme la trace de cette bifurcation initiale.

Pierre Huyghe a réalisé pour cette exposition un collage en trois temps. Il est parti de lieux dont l’histoire vit un nouvel épisode à Paris – le trou des Halles et le zoo de Vincennes. Avec des images trouvées, découpées et dont il fait dériver des fragments, il cartographie un projet impossible : une réplique grandeur nature d’espaces perdus, détruits, ou réhabilités, un paysage composite et dans lequel il est possible de se perdre.

Marie Muracciole est critique d'art et commissaire d'exposition. Elle travaille à l'édition des écrits d'Allan Sekula aux Beaux-arts de Paris. Elle est co-commissaire de l'exposition Riffs, Yto Barrada, au Guggenheim Berlin, qui ouvrira en septembre prochain au Wiels à Bruxelles. À paraitre : "Passons, Ich Sterbe" dans l'ouvrage consacré à Marylène Négro aux éditions Analogues, et "Du nouveau sur les fleurs, Family Tree" dans la monographie consacrée à Yto Barrada aux éditions JPRingier.


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This exhibition draws together a selection of works around the idea of departure. Some works are related to the passage from one place to another, from one time to another. Some of them refer to changes in life, to the end of a story or a belief. Each one shows, in its own way, the energy and the loss generated by mutations of trajectories, by choices, by separations. The title evokes a vision, fugitive or more analytical, of the distance covered or imagined, of separations, of metamorphosis.

Eleven artists, whose practices are distinct, coming from different generations and contexts, meet here around a temporary theme, in the form of departure or bifurcation. Cartographies, transitory surveys, fictive constellations, representations of waiting or separation; these images tell not just one story. They intend to be displaced by the imaginary. They do not resemble one another and do not complete each other. They are not trying to compose a formal or ideological cohesion. Their common presence opens territories, possibilities of derivation, inviting us to move along with them.


Departures

In the cosmogony entitled “L’Ensemble des Mondes” that Annette Messager displays here on a table, the elements seem to have temporarily run aground. The planets are earthly globes trapped in fragments of bodies, nets or objects, and these hybrid figures orbit in a mental universe in tune with deregulation and fable.

Moyra Davey uses the notion of accident in her practice of photography, particularly in her series of works entitled “Mailers”, images that she sent by mail to their exhibition place and that bear the signs of the voyage they made. “The End” is made of twelve “Mailers” and gives the departure a definitive and radical definition. The photographs refer to the poet John Keats, and to the places linked to his presence in Rome where he died in 1821 at the age of 25.

The film maker Amar Kanwar evokes in four brief acts and with a radical and economic narrative the story of a separation. Most of the images in “A Love Story” were made in a gigantic garbage dump bordering New Delhi. The sorting and transformation of the area is transfigured by light and the activity that occurs, which sends us back to the processes of memory – preservation and choice, rejection and separation, recycling the traces of what we live and the disappearance of what we waste.



Waiting, intersections and overlaps

Three photographs by David Goldblatt, “While in Traffic” or “The Waiting room…” transport us to the banality of everyday life: cars stopped in traffic, waiting rooms in a credit company. These are daily frames that shape together self-government and isolation.

“Intersections” by Jeff Wall depicts a saturated urban network where a few passers-by and the small visible manifestations of nature confront the built environment and the verbal invasion of commercial signs. The slow moving vehicles and the signs which indicate the locked environment do not evoke a sense of circulation and the possibility of a way forward. This picture, like other of Wall’s photographs, depicts co-existing worlds that cross each other without entering into any contact.

Gerard Byrne photographed trees in places where Samuel Beckett lived. Byrne staged the trees like theatre sets using the stage directions which open “Waiting for Godot”: “A country road. A tree. Evening.” Neither of the trees are the real starting point of the play but they evoke the coexistence of literature and life, of imaginary and common life.

Finally with “Le Mur des Paresseux”, “Restaurant de la Villa Haris and “ Family Tree”, Yto Barrada’s photographs associate signs of abandonment and waiting with those of desire, or with the metamorphosis of time: dreams of impossible departures, erasing images from the past, or hybrid states of modern ruins reclaimed by a strange vegetation.


Bifurcations, diversions

In the “Mapping Journey” series Bouchra Khalili filmed eight clandestine migrants who recount their trip to Europe and trace their journey on a wall map. For each film she distributed a lithograph where the journey is transformed into a celestial constellation, where stars become earthy places.

The main character for “Prey” by Steve McQueen is a magnetophone which broadcasts an enigmatic sound, both continuous and jerky. The object lying on the grass suddenly raises, attached to a balloon, tearing out from earthly gravity a tenuous and insistent tap dance.

“Go with the flow” is a fragment of a personal mythology; Christoph Keller tells how he put his trust in the North-South bifurcation of a Japanese river and the orientation of his research between science and art. In this emblematic fiction the decisions are made by “the flow” and “nature”. In Keller’s work the choice between different experimentation forms remains open, as a trace of this first bifurcation.

Pierre Huyghe produced for this show a collage in three parts. Huyghe has chosen as a starting point two places in Paris which are being transformed. With two found images he has cut out and displaced the fragments; he is mapping an impossible project. A replica to scale of lost, destroyed or rehabilitated spaces, a composite landscape in which it is possible to lose yourself.


Marie Muracciole is art critic and curator. She is working on the publication of Allan Sekula’s writings at the Fine arts school, Paris. She is co-curator of the exhibition “Riffs, Yto Barrada”, at the Guggenheim Berlin, which will tour in September at Wiels, Brussels. Forthcoming texts : "Passons, Ich Sterbe", in a book on Marylène Negro (Analogues publications), and "Du nouveau sur les fleurs, Family Tree", in Yto Barrada’s monography (JPRingier publications).


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