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Paris

Galerie Perrotin - Turenne

Exhibition Detail
«Process(ing)»
Curated by: Daphné Valroff
76, rue de Turenne
75003 Paris
France


May 7th, 2011 - June 18th, 2011
 
,
© Courtesy of Galerie Emmanuel Perrotin - Turenne
> ARTISTS
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.perrotin.com/
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
heloise@perrotin.com
PHONE:  
+33 (1) 42 16 79 79
OPEN HOURS:  
Tues-Sat 11-7
TAGS:  
photography
> DESCRIPTION

La Galerie Perrotin organise l’exposition «Process(ing)» réunissant les oeuvres de Ellen Carey, Corin Hewitt, Jason Loebs, Mariah Robertson and James Welling, du 7 mai au 18 juin 2011.

Les oeuvres éclectiques de l’exposition explorent les qualités et possibilités du processus et du médium photographique. Ici, l’instant photographique est doublé - parfois remplacé - par une série de manipulations, d’interventions matérielles et expérimentations techniques qui transforment l’immédiateté de la photographie en l’enregistrement de ses procédés de fabrication. Non sans évoquer la peinture ou la sculpture, la photographie révèle ici les traces visibles de ses processus formels.

Ellen Carey réduit la photographie à son plus petit dénominateur en substituant à la nécessité de « prendre » une photo le désir de faire une image. Dans sa série de monochromes et de multichromes, elle utilise et dépasse les fonctions principales de son Polaroid 20x24 inch, en en altérant les pods de couleur afin de mieux les bloquer ou les mélanger et produire ainsi des effets chromatiques, traces même de ses interventions – une procédure qu’elle accentue par la séparation des positifs et des négatifs de ses images.

Si Ellen Carey manipule le pigment du Polaroid pour élaborer des compositions picturales, Mariah Robertson s’empare avec irrévérence parfois, des techniques photographiques traditionnelles. Le papier photosensible fonctionne comme une matrice, sur laquelle viennent s’imprimer résidus d’objets et de photographies. Déployé en une vaste installation sculpturale, il révèle à la fois un récit autonome et l’histoire des différentes étapes de sa fabrication.

James Welling saisit la matière essentielle de la photographie – la lumière – provoquant des abstractions denses et énigmatiques. Dans les séries «Mysteries» et «Degrades», l’artiste utilise le temps d’exposition comme un pinceau et dévoile les gradations tonales jusqu’à leur donner une dimension fugitive et spectrale. Dans ses photogrammes «Screen», un rétroprojecteur projette de la lumière sur un écran en fibre de verre, dont les ombres capturées, laissent des incisions délicates du grain et de la texture sur la surface de la photographie, rendant la lumière palpable.

Jason Loebs et Corin Hewitt achèvent encore un peu plus la dissociation entre photographie et appareil photographique en subvertissant la fonction mimétique d’un dispositif technologique, le scanner en instrument photographique. A travers des images qui enregistrent littéralement le dernier souffle d’un procédé de représentation, Jason Loebs documente la destruction à la fois de l’image et de l’appareil manufacturé. Il verse de l’eau sur un scanner, puis imprime les effets visuels de la destruction progressive de la machine. Les derniers scans de la machine sont exposées en une sorte d’épitaphe de son dysfonctionnement programmé. Glissées dans des pochettes plastiques, ces cadavres insolites apparaissent comme des allégories de la mort de l’image.

Si Loebs suggère une forme d’entropie inversée en montrant la fragilité et l’impuissance d’un instrument mécanique, voire la futilité de l’entreprise même de représentation, Corin Hewitt  s’approprie le même outil afin d’enregistrer un processus naturel de décomposition , qui engendre paradoxalement une régénération visuelle permanente.

Dans ses monochromes stratifiés, la roche, la poussière et la terre sont scannées et  compressées en une image numérique monochrome. Exhumée, scannée et imprimée, l’épreuve physiquement compostée après avoir été enterrée, évoque des motifs/apparitions organiques et lunaires. A l’image du cycle naturel de création et de destruction, les photographies de Hewitt s’intègrent à un processus continu, produit de diverses performances. Lors de «Seed Stage» au Whitney Museum en 2008, l’artiste sculptait ainsi des matériaux périssables – plantes, aliments… Rappelant la tradition des vanités, Hewitt observe la mutation des objets à l’épreuve du temps et au rythme de ses interventions physiques, offrant ainsi un aperçu de l’impermanence – qui caractérise aussi l’image photographique.

Par un perpétuel état de fugacité, les oeuvres présentées nous rappellent que le procédé photographique est aussi bien procédure technique qu’expérience cognitive.

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Galerie Perrotin is delighted to present «Process(ing)», a group exhibition featuring the works of Ellen Carey, Corin Hewitt, Jason Loebs, Mariah Robertson and James Welling, from May 7 to June 18, 2011.

Within an eclectic body of work, the selected artists examine process and record in the photographic medium. Here the photographic click is coupled, or at times replaced, by a series of manipulations, material interventions and technical experiments that transform the photograph’s instantaneous moment into a record of its making. Not unlike painting or sculpture, here photography reveals visible traces of its formal
process.

Ellen Carey reduces photography to its most basic denominators, substituting the necessity of «taking» a picture with the desire to make an image. In her series of monochromes and multichromes, she exploits and oversteps the characteristic features of her 20 x 24 in. Polaroid camera, altering its color pods to block or mix colors to create chromatic records of the very process of her interventions -a procedure accentuated by her pulling apart of both the positive and negative of the various images. Whereas Carey utilizes the pigment of the Poloraid to create painterly compositions, Mariah Robertson reverts, at times with irreverence, to historical photographic techniques. Using photosensitive paper as a mould on which she imprints residues of objects and photographs, the print unrolls as a large-scale installation, unwinding both an independent narrative and the layered history of its making.

James Welling manipulates the most essential material of photography - light - to create colorful abstract and mysterious layered compositions. In his «Mysteries» and «Degrades» series, the artist’s control of exposure, like a paintbrush, draws out tonal gradations and compositional depth that take on a spectral, fugitive dimension. And for his «Screen» photograms, a retro-projector propels light onto a fiberglass screen, whose shadows are faintly recorded, leaving delicate incisions of its grains and texture on the photograph’s surface. By this alchemic gesture, light unfolds into tangible form.

Distancing farther the photograph of its dependency on the camera, Jason Loebs and Corin Hewitt subvert the mimetic function of an industrial device - the scanner- , transforming it into a resource for the photographic process.

Loebs documents the decay of both an image and an industrial machine, creating images that record the literal moment of death in a representative process. Here he pours water onto a scanner and subsequently prints the visual effects of the machine’s slow destruction. The exhibited prints capture the machine’s final scan as a kind of epitaph of its forced malfunction. Encased in plastic bags, the prints are uncanny cadaverous - allegories of an image’s death.

While Loebs, suggests a kind of reverse entropy, proving the fragility and impotence of a mechanical device and perhaps the futile endeavor of representation itself, Corin Hewitt utilizes the same device to capture a natural process of decay, that paradoxically offers continual visual regeneration. In Corin Hewitt’s stratified monochromes, rocks, dirt and earth are scanned and compressed into a monochromatic digital image. The print is then placed into the ground so that it can be materially composted, consumed by nature’s own deconstructive process. The desintegrating print is exhumed, scanned and printed, appearing as lunar, organic compositions. Much like nature’s own cycle of creation and decay, Hewitt’s photographs are part of an ongoing process, the product of various performances. During his «Seed Stage» performance at the Whitney Museum in 2008, the artist sculpted with perishable materials - plants, food… Recalling the tradition of vanitas images, Hewitt explores the mutations of objects through temporal passages and manual interventions, providing glimpses of ephemerality - much like the essence of the photographic image.

Referring to a continual state of transcience, the artists in this exhibition remind us that processing is both a technical procedure and a cognitive experience.


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