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Paris

Galerie Sultana

Exhibition Detail
jacin giordano,damage
10 rue ramponeau
75020 Paris
France


June 9th, 2011 - July 23rd, 2011
Opening: 
June 9th, 2011 6:00 PM - 8:00 PM
 
cut painting #24 (detail), Jacin GiordanoJacin Giordano, cut painting #24 (detail),
acrylic on wood , 12 'x 12'
© Courtesy of the artist and Galerie Sultana
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://galeriesultana.com
NEIGHBORHOOD:  
20th Arrondissement
EMAIL:  
contact@galeriesultana.com
PHONE:  
+33 01 44 54 08 90
OPEN HOURS:  
Tues-Sat 11-7
> DESCRIPTION

Comme un monde inatteignable mais que l’on pourrait presque toucher du doigt ! Entre promenades exaltées et rêveries infinies, la peinture de Jacin Giordano entrouvre des portes vers des univers et des atmosphères qui, sans jamais être lyriques, convoquent l’œil et l’imaginaire dans des divagations sans fin, mais qui toujours trouvent un point d’équilibre dans une ambiguïté constitutive entre réel et fiction, certitude et incertitude.
Rythmée, musicale presque, elle tire patiemment sur tous les fils du tableau, les observe et les interroge un à un. Couleur, matière, espace, dimension sculpturale voire objectale de la peinture, amorce narrative, jeu avec le regard… autant d’ingrédients qui mis bouts à bouts dans des expressions sans cesse changeantes maintiennent l’œil en alerte et l’esprit en éveil. Avec toujours une approche – une accroche – directe, frontale et décomplexée qui contredit l’idée d’une possible illusion de la toile. Car si tout n’est pas révélé, rien n’est jamais caché.

Dans cette peinture, c’est en premier lieu l’inventivité formelle qui interpelle, tant les modes d’expression de Giordano sont variés – sans pour autant se contredire – et font du mélange visuel et de la cohabitation des textures l’une de ses marques de fabrique.
Dans la manière dont l’artiste aborde la matière se fait jour une certaine gourmandise qui le conduit à aller de l’avant vers une exploration sans retenue. Car si l’essentiel de sa production est dominé par un aspect qui fait assimiler la surface à du plastique, nombres d’autres ingrédients entrent dans la composition de ses travaux, de la laine aux paillettes en passant par des morceaux de moquette notamment.
Le plastique… c’est l’acrylique, que Giordano travaille avec une méticulosité extrême en accolant des lignes de couleur sur des vitres, qui une fois sèches sont découpées afin d’obtenir de petits empiècements de matière qu’il réassemble sur le support. À moins qu’il n’empile les couleurs fraîches pour leur donner l’épaisseur nécessaire à la production de petits cubes aux tranches multicolores (...)

Face à cette jubilation du vocabulaire plastique à laquelle goûte l’artiste, la grammaire qui au tout assure liant et pertinence de la langue relève de l’artisanat, d’une culture du « craft », pour reprendre le terme anglo-saxon, à laquelle il se montre très attaché, la considérant comme aussi importante que celle des beaux-arts.
Appliqué et méthodique, Giordano répète inlassablement gestes et tâches nécessaires à la préparation de ses ingrédients. D’autant plus que certains, telle la laine, renforcent le caractère fait main, le goût du bel ouvrage qui nécessite du temps (...)

Surtout, la mise en place précise et rigoureuse des ingrédients relève elle aussi de la méthode artisanale. D’autant que beaucoup de cet art tient de l’agrégat, de la constitution d’une masse, comme en attestent des œuvres récentes qui agglutinent des centaines de petits dés colorés ou noirs et blancs envahissant la surface.
Pour ne pas virer au fouillis inextricable, ce qui n’est ici jamais le cas, une telle esthétique doit être savamment amenée et chaque détail répondre à une forme de nécessité. À la vue de l’ensemble, c’est la sensation qui s’impose.
Même dans le champ monochrome, qu’il soit traité à l’acrylique ou en une uniformité de paillettes bleues, rouges ou vertes notamment (Good Woman, 2008), le lissé ne peut exister et la cohésion de l’œuvre tient dans la collision de la matière. Celle-ci ne se révèle que dans la masse, dans un fourmillement suffisamment dense pour lui permettre d’émerger, de se révéler, de bruisser, d’entamer la nouvelle vie que l’artiste lui a donnée sur le plan, lui interdisant de se taire, lui intimant l’ordre de parler avec ce qui l’entoure… sans cesse" (...)

Extraits du texte “La peinture sans illusion” par Frédéric Bonnet, catalogue Jacin Giordano, ed. Galerie Baumet Sultana janvier 09.

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"Like an unreachable world that you can almost touch! Somewhere between exhilarating strolls and endless daydreams, the paintings of Jacin Giordano open doors onto universes and atmospheres which, without ever waxing lyrical, invite the eye and the imagination to infinite digressions, but somehow always find the right balance in their integral ambiguousness - between reality and fiction, certainty and uncertainty.
Rhythmic, almost musical, his work patiently threads every string of painting, observes them, and questions them one by one. Colour, matter, space, sculptural – even objectal - dimension of the painting, narration, optical play… like so many ingredients which, when added one to the other in ever-changing expressions, keep the eye alert and the mind awakened. With an approach – an accroach – that is direct, frontal and forthright, contradicting the idea of any possible pictorial illusion. All may not be revealed, but nothing is ever concealed.

In these paintings, formal resourcefulness is the first challenge, as Giordano’s modes of expression are extremely varied – though never contradictory – and make the visual mix and cohabitation of textures one of his signature hallmarks.
The manner in which the artist approaches material shows that he relishes moving forward towards unrestrained explorations. And although the greater part of his production is dominated by an appearance that creates the impression that their surfaces are plastic, many other ingredients enter in the composition of his works: yarn, glitter, even pieces of carpeting.
Plastic… in fact acrylics, which Giordano works with most meticulously: he aligns streaks of colour on glass panes, which once dry are cut into small fragments of matter he then reassembles on a support. Sometimes, he layers fresh colours to give them the thickness needed to produce small cubes of multicoloured slices.
In the face of the artist’s taste for the jubilation of a plastic vocabulary, the grammar used to bind everything together and make the language relevant is that of the artisan, a culture of “crafts” which he seems to cherish and consider as important as the fine arts.

Meticulous and methodical, Giordano tirelessly repeats the gestures and tasks required to prepare his ingredients. Even more so as some of them, such as yarn, reinforce the handmade side and a taste for fine craftsmanship that takes time.

The precise and rigorous layout of the ingredients themselves also evoke a sense of handicrafts, especially since his art is the result of aggregation, from the constitution of a mass, as can be seen in recent pieces – agglutinations of hundreds of little coloured or black and white cubes invading the surface.

To avoid turning into an inextricable mess - which it never does – this manner of aesthetics must be expressed artfully, and every detail must reflect a form of necessity. And when beholding the overall result, the sensation is what imposes itself.
Even in the monochrome field, be it treated in acrylics or in an even mass of blue, red or green glitter, there is no room for smoothness, as the consistency of his work resides in the collision of matter. This only appears when amassed, with an effusion dense enough to allow it to emerge, to be revealed, to rustle, to start the new life the artist has breathed into it on a flat surface, barring it from silence, summoning it to talk with its surroundings… constantly".

Extraits of “Painting without illusion” by Frédéric Bonnet, catalogue Jacin Giordano, ed. Galerie Baumet Sultana january 09.


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