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Paris

Galerie Eva Hober

Exhibition Detail
XOVUXY
35 - 37, rue Chapon
75003 Paris
France


May 7th, 2011 - May 31st, 2011
 
, Pauline BastardPauline Bastard
© Courtesy of the artist and Galerie Eva Hober
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.evahober.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
galerie@evahober.com
PHONE:  
+ 33 (0) 6 25 48 02 12
OPEN HOURS:  
Tue - Sat 11-7pm
TAGS:  
photography
> DESCRIPTION

Pauline Bastard est une jeune artiste qui ne s’en laisse pas conter. Elle déteste
le cinéma et ne lit que de la théorie. Pourtant, elle passe son temps à s’interroger
sur les processus narratifs et à jouer sur les effets de mirage avec le spectateur.

Gossip, une vidéo de 2009, en illustre bien le propos. Pauline Bastard y inventait
des histoires sur des inconnus passant devant elle, inspirées des ragots
qu’elle entendait à l’université. L’année dernière, elle entreprit une collaboration
avec un faux David Lynch. Enfin un vrai homonyme du réalisateur que l’on
connaît. Adepte des histoires complexes, ce dernier lui avait semblé l’interlocuteur
idéal pour répondre à ses doutes sur la narration et les intrigues du 7ème
art. Au final, elle y répondit elle-même et chercha un autre David Lynch pour assumer
la paternité de la pièce. Cette construction pose les bases du travail de
Pauline Bastard, mettant en jeu les questions de distanciation, réappropriation
et réinterprétation et la volonté de contrôler l’ensemble de sa production. Pour
sa première exposition personnelle dans une galerie française, Pauline Bastard
présente sept nouveaux travaux. Orienté vers un médium qu’elle dit ne pas aimer
à cause de la répétition des schémas fictionnels, Hollywood childhood est un film
8 mm, réalisé lui-même à partir d’extraits illustres, trouvés sur internet mais
passéifiés par leur traitement. XOVUXY est une collection de photos photographiées.
La série et le nombre permettent d’aborder une autre question sous-jacente
dans son travail, qui est celle du temps. Comme l’occupe-t-on et le
passe-t-on ? On pourrait croire qu’elle s’intéresse à l’ennui, car ce mot revient
souvent dans sa conversation. Pour autant, à l’inverse d’une Sofia Coppola, pensant
véhiculer le sentiment de lassitude de ses personnages en l’inculquant de
force au spectateur, Pauline Bastard choisit le décalage et l’humour.

Dilatant le temps, ses pièces jouent de divers anachronismes et invitent le spectateur
à les observer longuement. Cet onirisme épouse le thème du paysage, récurrent
dans son oeuvre, qui fait lui aussi référence au cinéma en tant que
spectacle matriciel par excellence. Par exemple, Beautiful lanscapes reprend
avec une feinte naïveté des images d’Epinal déchirées et recollées. Même tournées
en dérision, et au pittoresque bousculé, ces représentations font tellement
partie de l’inconscient collectif qu’elles continuent à nous séduire. Comme une
fiction dont on connaît par coeur les rouages, mais qui demeure efficace. Pauline
Bastard prend le paysage pour son processus narratif. Il est envisagé, non
pour ce qu’il est est, mais pour ce qu’il dit de ceux qui le regardent. La vidéo
The Travellers est un enchaînement de cartes postales accompagnées des
phrases, souvent banales, qui ornent leur verso tout en permettant de déceler
des personnalités. Countryside est une étagère qui récrée une image idéalisée
de la campagne à travers les produits chéris des citadins bobos. Il y a un côté
Georges Perec chez Pauline Bastard, dans cette observation méthodique de l’air
du temps, teinté d’un certain désabusement, ou cette façon de mêler l’anodin
et le romanesque. « Je donne des lectures à des situations assez communes en
général. J’invente des histoires sur ce que je vois ». Cette volonté de demeurer
ancrée dans le quotidien se voit aussi dans la réalisation des pièces. A la manière
du duo Fischli & Weiss ou de Roman Signer, Pauline Bastard travaille avec
ce qu’elle trouve à portée de main. Elle réalise des effets spéciaux avec rien et
veux maîtriser l’ensemble de sa production. Mettre en avant le côté factice lui
permet de pointer l’essence même de l’oeuvre d’art. « J’ai l’impression de faire
une mimèsis différentielle, une mimèsis pâle de ce qu’elle imite car toutes les
images que je fais parlent de comment sont faites les images. Je montre la
façon de montrer les choses, tout en créant la confusion. » Superbe illustration
de ce propos, Sunset, de 2009, seule oeuvre qui n’ait pas été réalisée spécialement
pour l’exposition, présente un ventilateur et un sac plastique, volontairement
cheap, insinuant qu’ils recréent l’image du coucher de soleil glorieux et
vacillant lui faisant face. Or, c’est en réalité une vidéo, qui projette l’image de
l’astre... « J’aime les idées fausses et qu’il se crée quelque chose autour de la
pièce pour raconter son fonctionnement ou induire en erreur. Cela me convient
tout à fait quand le public, même après avoir compris le truchement, refuse de
le croire et voit autre chose. » Pauline Bastard se place dans une famille d’artistes,
dont font partie Ivan Argote et Neil Beloufa, qui par la dérision concocte
des histoires au spectateur, sans en délivrer toutes les ficelles. Un art qui donne
bien plus à voir que ce que l’on a devant les yeux.

Marie Maertens


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