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Paris

galerie hussenot

Exhibition Detail
Fragments
5 bis, rue des Haudriettes
75003 Paris
France


April 28th, 2011 - June 4th, 2011
Opening: 
April 28th, 2011 6:00 PM - 8:00 PM
 
Poetics of space, Amelie ChabannesAmelie Chabannes, Poetics of space,
2010, cire, résine et contre-plaqué, 91,5 x 40,6 x 86 cm
© Courtesy of the artist and galerie hussenot
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galeriehussenot.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
info@galeriehussenot.com
PHONE:  
+33 (0)1.48.87.60.81
OPEN HOURS:  
Tue - Sat 11am-1pm, 2-7pm
TAGS:  
sculpture
> DESCRIPTION

La première exposition personnelle d’Amélie Chabannes à la galerie Hussenot est constituée d'une somme de « Fragments ».

Dans « l’Archéologie du Savoir », Michel Foucault évoque « ce qui transforme les documents en monuments ». Chabannes empreinte les façons de l’archéologue, cherche et devient l’objet de sa quête. Elle évoque les grottes de Chauvet, comme Paul Thek en son temps les catacombes de Palerme. Sculpture après sculpture, strate après strate, elle enfouit, dégage, excave et replonge les matériaux, animaux, traces et vestiges. L’identité, plus que la quête de l'autre, est le prétexte utilisé par l’artiste pour expérimenter et forger une pratique protéiforme. Entre sa fascination pour le Lagerstatte, lieu de conservation des fossiles, et son obsession pour le couple que formait le peintre Kokoschka et Alma Mahler, femme à hommes du XIXème siècle, Amélie Chabannes réalise des oeuvres à sa mesure.

La biométrie est transformée en arme pour préserver l’identité de l’artiste à travers ses sculptures, dessins et installations. Les amours tempêtueuses de Kokoschka et Alma font l’objet de dessins au calque où les corps se mélangent, où l’artiste s’immisce dans ce pas de deux, quand la fusion prend le pas sur le sentiment amoureux.

Les visages en plâtre décomposés rappellent les travestissements multiples et autres brouillages de pistes de Leigh Bowery, contenus dans un carré de plexiglas. L’artiste décrit ces boîtes comme des « espaces mentaux ». Même espace dans lesquels évolue une autre forme, le clitoris, l’organe féminin par excellence, libéré de ses fonctions. Au creux d’une sculpture on découvre parfois des apparitions de Betty Page ou Linda Lovelace, des visages de femmes archétypales des années 50 à 70. La notion d’identité sexuelle ne cesse en effet de rattraper l’artiste et de questionner l’aliénation qu’elle représente pour les femmes. La méduse, forme libre, nageuse et sexuée, fait aussi partie de ce bestiaire empêché, présence impossible à définir, tout aussi animale que végétale. Des chapelets dégoulinent de plâtre sur le carcan de l’identité religieuse. Amélie Chabannes vit à New York, ville en passe de devenir un vaste terrain de fouille, avec l’influence de Urs Fischer, Matthew Day Jackson, David Altmedj comme fiers étendards d'un retour à l’ordre antique. Identité sociale, sexuelle, religieuse, où le « get over yourself » répété par Thek à maintes reprises dans ses carnets.

A Chabannes de sacrifier le lustre et la porcelaine familiale pour en finir avec les conventions sociales liées à un milieu figé. Un index en cire pointe l'une de ces sculptures stratifiées, la main de l’architecte semblant avoir remplacée celle de l’artiste l’espace d’un instant, afin de constater l’oeuvre déjà accomplie.

Texte de Julie Boukobza


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