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Paris

Galerie Jocelyn Wolff

Exhibition Detail
Le travail Sarajevo / Sarajevoarbeit
78, rue Julien-Lacroix
75020 Paris
France


March 17th, 2011 - April 23rd, 2011
Opening: 
March 16th, 2011 6:00 PM - 8:00 PM
 
, Miriam CahnMiriam Cahn, pigment on paper
© Courtesy of the artist and Galerie Jocelyn Wolff
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galeriewolff.com/
NEIGHBORHOOD:  
20th Arrondissement
EMAIL:  
jocelyn.wolff@galeriewolff.com
PHONE:  
+33 (0) 1.42.03.05.65
OPEN HOURS:  
Tuesday - Saturday, 11 am - 7 pm, and by appointment
> DESCRIPTION

Quand as-tu commencé à travailler sur Sarajevo? Et pour quelles raisons?

Dès le début de cette guerre je travaillais, comme j'avais toujours travaillé, en intégrant ce qui ce passait dans le monde.

Mais j’avais aussi, depuis quelque temps, l'impression de devoir changer ma façon de travailler, j'avais l'impression d’une routine, de savoir trop bien comment mon travail fonctionnait - l'ennui du travail. C’était aussi la première "nouvelle" guerre après la "guerre froide" (=das gleichgewicht des schreckens = l'équilibre de la peur/terreur) et la première guerre en Europe après 1945, presque chez nous.

Je regardais la télé et je voyais des gens comme nous, courir avec leur sac en plastique, de leurs supermarchés, comme MIGROS ou ALDI, par une rue qui ressemblait à la Kleinhüningerstrasse*. Ils courraient, parce que des snipers leur tiraient dessus. Cela m’a fait prendre conscience du caractère différent de toutes les autres images de guerres que j'avais déjà vues à la télé: même si celles-ci pouvaient êtres bien plus brutales, elles étaient plus lointaines, abstraites, images de la télé...

Mon travail changeait: il devint complètement basique, simple, faits de petits dessins, avec des matériaux pauvres, comme si je recommençais à zéro, et que je ne croyais vraiment plus à rien. Comment faire, s’il y avait de nouveau des camps de concentration en Europe, pas chez les autres, mais ici, chez nous. Alors, je retournais à ma table, comme au début avec des crayons… En 1995, tu es invitée à participer à un projet à Sarajevo. Combien de temps y as-tu passé? Est-ce que ce séjour a changé ton appréhension du conflit?

Obala-center avait comme politique culturelle la normalité, ce qui voulait dire (de manière très simplifié) "m'enfiche la guerre, m'enfiche que les Tchetniks veulent bomber Sarajevo et faire d'une ville multiethnique et internationale un patelin ethnique, m'enfiche de toute façon cette idée de la culture nationale, nous, on fait un festival international du film et des expositions avec des artistes internationaux".

Alors ils m'ont invitée, ce qui me touche encore aujourd'hui... La normalité, cela voulait dire que la directrice est venue me voir dans mon atelier à Bâle, nous avons choisi ensemble les travaux, et je les ai envoyés à Sarajevo. J’y suis allée une semaine, j'ai installé mon expo, comme toujours on a fait un vernissage, et voilà.

Comme la ville de Sarajevo était en état de siège, la normalité était assez compliquée. Et je me retrouvais dans la situation d'avoir vu assez juste sur cette guerre. sarajevoarbeit ou travail sarajevo: combien d'années as-tu travaillé autour de ce conflit? Existe-t-il des oeuvres récentes liées à ce thème? J’ai travaillé sur Sarajevo pendant la durée du conflit, à peu de choses près.

Je dirais que toute la discussion, mal faite en Europe, autour de l'islam (la discussion "burkas et minarets") n’est pas seulement, mais aussi liée à ce premier conflit aux Balkans. Quelques travaux dans mon travail sont liés à ce thème jusqu'à aujourd’hui. sarajevoarbeit représente un pan important dans ton oeuvre; pourquoi avoir choisi de tout montrer?

Chaque fois que je suis à Bâle et que je regarde la table provisoire roulante avec tous les SARAJEVOs, je me dis que j'ai, encore plus qu'avec d'autres travaux, une grande difficulté à choisir. C'était toujours et à chaque fois, avec ce travail une "sélection" de ma part presque impossible.

Peut-être que c'est exactement le mot: sélection, qui, dans le cas SARAJEVO, a un double sens très désagréable (= selektion). Peut-être que c'est cela, mais aussi que je ne peux pas vraiment choisir ce qui, pour moi, est un TOUT sans être pensé comme une room-installation.

*

When did you first begin to work on Sarajevo? And for what reason?

From the very beginning of this war, I worked as I have always worked, by integrating things happening in the world. However for a while there, I also had the impression that I had to change my way of working; I had the impression of a routine, of knowing too well how my work functioned – boredom in the work. It was also the first “new” war since the “cold war” (=das gleichgewicht des schreckens = balance of terror/fear) and the first war in Europe since 1945, so close to home.

I watched the television, and I saw people like us, running with their plastic bags from their supermarkets, like MIGROS and ALDI, in a street that resembled Kleinhüningerstrasse*. They were running because snipers were firing at them. This made me aware of the different nature of all the other images of war I had already viewed on television: even if these were much more brutal, they were more distant, images on television…

My work changed: it became completely basic, simple, made up of small drawings, with poor materials, as though I had started from scratch. I didn’t know what to believe anymore. What to do, if there were concentration camps in Europe again, not elsewhere, but here, in our place. So I returned to my table, with my pencils, to start over…

 

In 1995, you were invited to participate in a project in Sarajevo. How long did you spend there? Did your stay change the way you understood the conflict?

 

The cultural policy at Obala-center was that of normality, which meant (if I simplify) “don’t care about the war, don’t care that the Chetniks want to

bombard Sarajevo and make an international and multiethnic city into an ethnic village, don’t care about this idea of national culture anyhow, we are making an international film and exhibition festival with international artists.”

So they invited me, which still moves me today… Normality, that meant that the director came to see me at my studio in Basel; we chose the works together, and I sent them to Sarajevo.

I went there for a week; I installed my exhibition; as always, there was an opening, and that was it.

Because the city of Sarajevo was under siege, the normality was rather complicated. And I found myself in the situation where I felt as though I had already pretty well summed up the war.

sarajevoarbeit

or sarajevo work

: how many years did you work on this conflict?

Are there recent works that are tied into this theme?

I more or less worked on Sarajevo throughout the duration of the conflict. I would say that the entire discussion concerning Islam (the “burkas and minarets” discussion) and the damage done in Europe are not only, but also connected to this initial conflict in the Balkans. Still today, a few works within my work are connected to this theme.

 

sarajevoarbeit

 

 

 

represents a large scope in your work; why did you chose to show it all?

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Each time I am in Basel and I look at the

 

 

SARAJEVO  

works on my studio table, I tell myself that I have great difficulty selecting, even more than with other works. Each and every time, it was nearly impossible for me to make a “selection” in this work Perhaps it is this very word: selection, that, in the case of SARAJEVO, carries a disagreeable double meaning (= selektion). Maybe this is the reason, but perhaps it is also because I cannot really chose from, which is for me, a WHOLE without thinking in terms of a room-installation.

  

 


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