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Paris

Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois

Exhibition Detail
MONSTRE
36 rue de Seine
75006 Paris
France


October 29th, 2010 - December 4th, 2010
Opening: 
October 28th, 2010 6:00 PM - 9:00 PM
 
, Julien BerthierJulien Berthier
© Courtesy of the artist and Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galerie-vallois.com/
NEIGHBORHOOD:  
6th Arrondissement
EMAIL:  
info@galerie-vallois.com
PHONE:  
+33 (0) 1.46.34.61.07
OPEN HOURS:  
Mon-Sat 10:30am-1pm, 2-7pm
TAGS:  
sculpture
> DESCRIPTION

Quelque chose s’est passé là et demeure pour le citoyen une source de fierté, de honte, de joie, de tristesse, une trace heureuse ou pas. Dans l’espace urbain, le monument, en qualité de marqueur historique ou mémoriel, opère en outil signalétique pour commémorer un personnage ou un évènement. Le projet de Julien Berthier s’attaque à cette idée de révéler publiquement quelque chose qui a existé ou qui existe encore.

Pratique vernaculaire occidentale par excellence, le « monstre » désigne ces amas d’objets ménagers qu’on trouve ici ou là déposés pour être enlevés par les services de propreté. L’artiste part de la simple constatation que ces éléments en fin de vie habitent, dans une certaine mesure et dans leur temporalité, les rues au même titre qu’une statue équestre. Même s’il est certainement assez seul à voir les choses sous cet angle de prime abord, qui pourrait lui donner fondamentalement tort? Toujours est-il que sa proposition de recréer, en bronze patiné, l’un d’entre eux repéré dans une ruelle de Belleville, s’oppose à la configuration esthétique admise dans l’environnement urbain. Ces monstres perturbent notre idéal de normalisation sécuritaire de la voie publique, bloquent les chemins des poussettes, font trébucher les petites vieilles, etc. Bref, ils encombrent et il n’y a guère que l’étudiant sans le sou, toujours à l’affût d’une étagère Billy à
retaper, qui s’en accommode.

Et la sculpture de l’alchimiste Berthier de pointer du doigt le paradoxe du débat sur l’oeuvre d’art outdoor. Toute proposition artistique dans l’espace commun est, de fait, livrée à l’appréciation démocratique dont le critère principal de jugement demeure le beau, alors même que cette notion a aujourd’hui disparu du champ critique professionnel. Si l’oeuvre d’art est désirée dans les lieux qui lui sont dédiés, elle obtient rarement le plébiscite dans l’espace public. Le déchet dit
« encombrant » est, par essence, ce dont on ne veut plus dans son intérieur, et par extension, ce qui n’est pas ou plus beau. En faire une sculpture publique dans le matériau historique et non questionnable du statuaire revient à mettre en valeur ce que chacun ne veut plus voir apparaître mais dont chacun est néanmoins responsable de la présence dans la rue. «Montre ce que je dis, pas ce que je fais!».

La logique de monumentalisation dans laquelle Julien Berthier s’inscrit aurait logiquement pu impliquer la pérennisation de l’oeuvre à un endroit précis. Mais Berthier a choisi de ne pas suivre les ténors du minimalisme sur le terrain de la site-specificity. Comme une réponse
dédramatisante au cérémonieux «to remove the work is to destroy it!» de Richard Serra, le monstre poursuit cette idée que, sans être une oeuvre nomade, elle puisse interagir avec des contextes très différents.

«To remove the work is to re-activate it!». Il serait, par exemple, très intéressant de la voir installée dans un pays où cette pratique du dépôt des déchets dans la rue n’existe pas ou est strictement
prohibée. Sans réel statut identifiable, l’objet se donnerait alors à voir pour ce qu’il est, un amoncellement complexe de plans, sorte de dispositif constructiviste dont l’aspect matériel ostensiblement sculptural légitime l’existence au monde.

Étienne Bernard

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Something happened there and remains a source of pride, shame, joy or sadness for the citizen, a trace that is happy or otherwise. In urban space the monument, as a historical or memorial marker, works as a signal to commemorate a figure or event. Julien Berthier’s project works on the idea of publicly revealing something that has existed or still exists.

In France, “monstre” (Monster) is the term used for the pile of household objects that are left out in the street to be taken away by the refuse services. Berthier starts with the simple observation that, in a way, and bearing in mind their time frame, these elements at the end of their life cycle inhabit the streets in the same way as an equestrian statue does. Even if seeing things in this way puts him in a small minority, who would say that he is fundamentally wrong? The fact remains that his proposition to recreate one of these objects, seen in Belleville, in patinated bronze, is certainly not in keeping with the aesthetic configuration usually accepted in the urban environment. These monsters clash with our ideal vision of the securing and standardisation of the public highway, blocking the pavement for prams, making old people trip over, etc. In a word, they get in the way and about the only person to
see any advantage in them is the impecunious student on the lookout for a Billy bookshelf to repair.

This sculpture by the alchemist Berthier points up the paradox of the debate over outdoor works of art. Every artistic proposition for public space is ipso facto submitted to appreciation by democratic
aesthetic judgement, for which the main criterion continues to be beauty, a notion that has disappeared from the field of professional criticism. While artworks are usually desired in dedicated art spaces, they rarely win approval in public space. So-called “bulky” waste is precisely the kind of thing we do not want to see in our interiors, and therefore what is not or no longer beautiful. To turn it into a public sculpture in the unquestioned, historical form of a statue is to put the spotlight on something that no one wants to see, but for whose presence in the street we are responsible as individuals. “Show what I say, not what I do!” The logic of monumentalisation that Berthier evokes could logically have meant giving the work enduring form in a specific location. But he has chosen not to follow the champions of minimalism onto the terrain of site-specificity. Like a calming answer to Richard Serra’s ceremonious “to remove the work is to destroy it” the monstre pursues the idea that, although not a nomadic work, it can interact with a wide variety of contexts. “To remove the work is to re-activate it!” It would, for example, be very interesting to see it installed in a country
where this practice of leaving junk in the street does not exist, or is
prohibited. Lacking an identifiable status, the object could then be
seen for what it is, a complex accumulation of planes, a kind of
Constructivist device whose ostensibly sculptural material appearance
legitimises its existence in the world.


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