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Paris

Maison Européenne de la Photographie

Exhibition Detail
Photographie de la nouvelle Russie, 1990-2010
Curated by: Olga Sviblova
5/7 rue de Fourcy
75004 Paris
France


June 23rd, 2010 - August 29th, 2010
Opening: 
June 23rd, 2010 6:00 PM - 8:00 PM
 
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© Courtesy of Maison Europeenne de la Photographie
> ARTISTS
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.mep-fr.org/
NEIGHBORHOOD:  
4th Arrondissement
EMAIL:  
vjacquet@mep-fr.org
PHONE:  
+33 (0)1.44.78.75.00
OPEN HOURS:  
Wed-Sun 11-8; tickets on sale until 7:30pm
TAGS:  
photography
> DESCRIPTION

Russian photography is best known for the outstanding avant-garde work of Alexander Rodtchenko, El Lissitzky, Gustav Kloutsis and Lef magazine, in the form of photomontages glorifying Bolshevism, and New Vision photographs: low-angled shots, close-ups, oblique shots, fragmentations, etc. But it is also, unfortunately, known for the standardized products of socialist realism, when Stalin rose to power and elminiated all the avant-gardes, replacing them with art and photography whose only function was to glorify the regime and the Little Father of the People. For decades there was only silence and oppression, even if some people had the courage to risk their lives resisting.

It was only with Perestroïka, at the end of the 1980s, that non-offical art re-emerged, arising from an underground culture. The individual gradually took over from the collective, and everything had to be reinvented: new forms, new themes, new ways of showing, in newspapers, galleries and Biennales and in different countries. It became urgent to shrug off the old ideological trappings, to look at the real face of Russia and to record it in pictures.

Documentary work - because it is intended as a faithful interpretation of reality- was clearly one of the preferred visual forms, along with street photography, which recorded, in a kind of living immediacy, the energy flows in Russian cities. Its chief proponents include Alexander Abasa, Yevgeny Kondatov, Yuri Kozyrev, Vladimir Mishukov, Georgy Pervov, Valeri Schchekoldin, Vladimir Siomin, Aleksander Sliusarev, Vladimir Viatkin, Mikhail Yevstafiev, and perhaps above all Igor Mukhin, who showed himself to be particularly attentive to the complex dialectic between the remains of defunct communism and the emergence of aggressive liberal capitalism. All these photographers endeavour to describe and analyse a country in the throes of often contradictory transformations.

But although documentary photography is a powerful aspect of the contemporary Russian scene, this does not preclude the existence of what is referred to in French as "photographie plasticienne", a form of photography that lays claim to a place in art history and refuses académic categorizations. Some artists use photography although they do not think of themselves as photographers, such as Serguei Bratkov, Olga Chernijshova, the Fenso group, Vladimir Kuprianov, Vladislav Mamyshev-Monro, Ilia Piganov, Arsen Savadov, and above all Oleg Kulik and the AES+F group. 

Oleg Kulik, the " dog-man " who carries out performance pieces naked, barking and biting passers-by, spotlights the humanistic dichotomy of Man and Beast, pointing with unselfconscious aggressiveness to the natural savagery that lies beneath our superficially cultured skin. 

The AES+F group violently takes issue with naive representations of childhood, rising up against the presumed innocence of children and referring instead to the brutality of video games, wars and massacres, in spare, cold photographs and videos infected with terror and fear, featuring children with pure faces and perfect bodies hypnotically preparing to kill each other, like the worst warriors in wars to come... 

And so the body, banished by Stalinism and as always likely to veer into pornography, returns to the photographic image. It also does this via the more glamorous genre of fashion photography, whose major proponents since the 1990s include Vladimir Fridkes, Vladimir Glynin, Mikhail Koroliov, Yevfrosina Lavrukhina, and Vlad Loktev. 

This exhibition at the MEP makes no attempt to be exhaustive, but it nonetheless reflects the extraordinary diversity and vitality of contemporary Russian photography. 

Curated by Olga Sviblova 

Part of the France-Russia Year 2010, in collaboration with the Multimedia Centre for Contemporary Art, Moscow with support from the Federation of Russia Culture Ministry and CulturesFrance. www.france-russie2010.fr

Sponsored by Figaroscope, France Culture et Kusmi Tea.

 


 

De la photographie russe, on connaît essentiellement les prodigieux travaux avant-gardistes menés par Alexander Rodtchenko, El Lissitzky, Gustav Kloutsis et la revue Lef, sous la forme de photomontages à la gloire du bolchevisme, et de photographies relevant de la Nouvelle Vision, plongées, contre-plongées, plans rapprochés, obliques, fragmentations, etc. Mais aussi, hélas, les produits formatés du réalisme socialiste, lorsque Staline prit le pouvoir et liquida toutes les avant-gardes au profit d'un art et d'une photographie dont la seule fonction était de glorifier le régime et le Petit Père des Peuples.

Pendant des décennies, ce fut le silence, l'oppression, la chape de plomb, même si on peut imaginer que certains eurent le courage, au risque de leur vie, de résister. Ce n'est qu'avec la Perestroïka, à la fin des années quatre-vingt, qu'apparut enfin au grand jour un art non-officiel, émanant de la culture underground. L'individu l'emporta peu à peu sur le collectif, tandis que tout était à réinventer : nouvelles formes, nouvelles thématiques, nouveaux modes d'expositions, dans les journaux, les galeries, les Biennales, à l'étranger enfin. Il devenait urgent de se défaire des vieux oripeaux idéologiques, d'affronter le vrai visage de la Russie, loin des mirages du communisme dur, loin des discours officiels formatés, et d'en rendre compte par l'image.

Le documentaire - parce qu'il se veut une lecture fidèle de la réalité - fut incontestablement l'une des formes visuelles privilégiées, ainsi que la Street Photography, qui rendait compte, dans une sorte de vivante immédiateté, du flux énergique des villes russes. Citons Alexander Abasa, Yevgeny Kondatov, Yuri Kozyrev, Vladimir Mishukov, Georgy Pervov, Valeri Schchekoldin, Vladimir Siomin, Aleksander Sliusarev, Vladimir Viatkin, Mikhail Yevstafiev, et peut-être surtout Igor Mukhin, qui se montre particulièrement attentif à la dialectique complexe entre les vestiges d'un communisme défunt et l'émergence agressive d'un capitalisme libéral très offensif, de même qu'aux paysages urbains, aux gens, aux visages et aux plus jeunes... Tous s'attachent à décrire et à analyser un pays en proie à des mutations souvent contradictoires.

Mais si la forme documentaire est très puissante dans la photographie russe contemporaine, elle n'exclut pas ce que l'on a pu appeler la "photographie plasticienne", une photographie qui revendique son appartenance à l'histoire de l'art et refuse les cloisonnements académiques. Ainsi en va-t-il de ces artistes qui utilisent le medium photographique bien plus qu'ils ne se disent photographes, tels que Serguei Bratkov, Olga Chernijshova, le groupe Fenso, Vladimir Kuprianov, Vladislav Mamyshev-Monro, Ilia Piganov, Arsen Savadov, et surtout Oleg Kulik ainsi que le groupe AES+F.

Oleg Kulik, "l'homme-chien" qui pratique des performances, nu, aboyant, mordant les passants voyageurs, fait éclater la dichotomie humaniste de l'homme et de la bête, pointant avec une agressivité déclarée la sauvagerie naturelle que dissimule notre vernis culturel.

Quant au groupe AES+F, il interroge violemment les représentations naïves de l'enfance, s'insurgeant contre l'innocence présumée des enfants, les renvoyant à la brutalité des jeux vidéos, des guerres et des massacres, dans des photographies et des vidéos à l'esthétique lisse et glacée mais gangrenées par la terreur et l'effroi, les enfants aux visages si purs et aux corps si parfaits s'apprêtant hypnotiquement à s'entretuer comme les pires guerriers de nos guerres futures...

Ainsi le corps, banni par le stalinisme comme toujours susceptible de verser dans la pornographie, fait-il retour dans l'image. Il le fait aussi sous la forme plus "glamour" de la photographie de mode, qui se déploie depuis les années quatre-vingt-dix autour de Vladimir Fridkes, Vladimir Glynin, Mikhail Koroliov, Yevfrosina Lavrukhina, Vlad Loktev, etc.

Si l'exhaustivité ne saurait être le propos de cette exposition présentée à la MEP, il n'en demeure pas moins que se donnent ici à voir la polyphonie et l'extraordinaire vitalité de la photographie russe contemporaine.

Commissaire : Olga Sviblova

L'exposition, présentée dans le cadre de l'Année France-Russie 2010, est organisée par la Maison de la Photographie de Moscou, avec le soutien du Ministère de la Culture de la Fédération de Russie et de CulturesFrance.


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