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A c ette occasion\, l'artiste pré\;sentera une nouvelle sé\;rie d'o euvres lié\;es à\; l'idé\;e de nature et de paysage au se ns large\, non pas une sorte de dé\;cor arriè\;re-plan dont l'i ndividu serait dé\;taché\; mais plutô\;t le paysage qui in troduit l'homme à\; l'ensemble dans lequel il existe. Nous appartenon s au paysage\, comme il nous appartient. Les maté\;riaux utilis&eacut e\;s : arbres\, é\;cailles de pommes de pin\, galets\, et la repr&eac ute\;sentation d'é\;lé\;ments comme le lierre et les nuages en sont des é\;lé\;ments concrets qui nous y conduisent.

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Dominique Ghesquiè\;re propose ici une d ouble expé\;rience. La premiè\;re est la perception directe des maté\;riaux avec lesquels elle travaille\, la seconde plus abstraite emmè\;ne le spectateur dans un repli trè\;s profond de la m&ea cute\;moire.

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"Feuillus" \; (boule au\, 250 x 170 cm)\, est un ensemble d'arbres. Dominique Ghesquiè\;re a travaillé\; sur des arbres morts. Elle a redessiné\; le cont our exté\;rieur des feuilles avec du branchage à\; l'emplacemen t mê\;me des feuilles tombé\;es. Celles-ci sont toutes diff&eacu te\;rentes.  \; Laissant supposer au premier regard\, que la pré\ ;sence de ces arbres ne serait qu'un simple dé\;placement dans la gal erie\, le spectateur prend conscience que leur feuillage n'appartient en ri en au milieu naturel. Ils s'inscrivent dans deux temporalité\;s: cell e de l'arbre mort ré\;duit à\; la matiè\;re bois et celle plus abstraite et libre avec ce feuillage imaginé\; par l'artiste.&n bsp\;Ces arbres entre deux saisons pleines de promesses se jouent de la fro ntiè\;re naturelle des choses\, du dé\;roulement du temps et no us emmè\;nent dans une dé\;marche conceptuelle. \; Cette oe uvre est le paysage central de l'exposition annonç\;ant les jeux de t ransformation auxquels l'artiste s'applique

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Dans "Mue"\, elle cré\;e au moyen d'é\;cailles de pomme de pin juxtaposé\;es une sorte de carapace imaginaire inspiré\; e de celle du pangolin\, fourmilier d'Afrique. Cette surface d'é\;cai lles collé\;es les unes aux autres\, se recouvrant partiellement  \; donne à\; voir une texture sensuelle que l'on a immé\;diatem ent envie de toucher. La forme de l'objet\, une sorte de peau de bê\;t e\, nous rappelle la mue\, phé\;nomè\;ne naturel et né\;c essaire à\; la mé\;tamorphose. Mais c'est é\;galement la trace d'un changement opé\;ré\; par l'artiste. L'oeuvre\, telle une peau de bê\;te\, est accroché\;e au mur comme une tapisseri e. A moins qu'elle ne provienne directement d'un cabinet de curiosité \; ou d'un musé\;um d'histoire naturelle. \; Une seconde oeuvre p ourrait tout autant appartenir à\; ce musé\;e d'histoire nature lle. "Oiseau" est un é\;tourneau naturalisé\;\, figé\; en plein vol. Sa pré\;sentation verticale\, dos au mur le met en situat ion d'é\;lé\;vation.

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Dans  \; "Lierre"\, une peinture murale en trompe l'oeil\, l'artiste reprodu it les traces laissé\;es par le lierre aprè\;s qu'il ait &eacut e\;té\; arraché\; du mur. Il s'agit d'une empreinte\, de la tra ce d'une chose ré\;volue que la peinture vient ré\;vé\;le r de maniè\;re paradoxale. En effet\, c'est par sa maté\;rialit é\; que la peinture fixe et ré\;vè\;le ici la perte de ma tiè\;re. Cet allè\;gement permet une relation plus forte et dir ecte\, que n'aurait pas permis la photographie.

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Un certain é\;tat de nature est \; le point de d&eacut e\;part des oeuvres de Dominique Ghesquiè\;re. L'artiste s'approprie cet é\;tat d'apparence simple comme dans l'oeuvre "Pierres roul&eacut e\;es". Des galets gris de bord de mer nervuré\;s de blanc sont pos&e acute\;s en tas sur le sol. Le rapprochement des nervures blanches dessine un ensemble de lignes entrelacé\;es. Cette mise en rapport de choses sans lien apparent nous remé\;more la source des galets\, les strates de la roche mè\;re\, et nous invite à\; un retour au pass&eacu te\; lointain\, nous plonge dans la longue duré\;e historique. Ressur git l'idé\;e d'un ré\;seau infini pré\;alable\, bouscul&e acute\; et transformé\; peu à\; peu en formes roulé\;es p ar l'eau\, fluidité\; qui a mis en dé\;sordre l'alignement d'or igine.

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C'est à\; cette id&eacut e\;e de trame\, de \; tissage\, de liens que l'artiste nous ramè\ ;ne é\;galement dans "Grillage". Des tiges d'osier naturel ont &eacut e\;té\; entrelacé\;es jusqu'à\; faire apparaî\;tre l a forme familiè\;re du grillage à\; croisillons. Ce grillage ai nsi naturalisé\; d'une dizaine de mè\;tres de long\, a é\ ;té\; ré\;alisé\; par l'artiste en 2013 à\; 3bis F à\; Aix-en-Provence\, lieu de ré\;sidence d'artistes au sein d' un hô\;pital psychiatrique.

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"Nua ge"\, derniè\;re oeuvre de cette exposition fait aussi ré\;f&ea cute\;rence à\; la nature par son titre tout en posant des questions de socié\;té\;. Il est constitué\; de dé\;bris de b illets de banque massicoté\;s et broyé\;s finement puis rassemb lé\;s de maniè\;re à\; composer une forme flottante &agra ve\; la densité\; lé\;gè\;re. Mé\;té\;orologi quement il é\;voque l'é\;vaporation\, la circulation et la reto mbé\;e en pluie\, financiè\;rement une potentielle redistributi on en suspens.

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Dominique Ghesqui&egra ve\;re est diplô\;mé\;e des beaux-arts de Lyon et de la Rijksaka demie en 2003. Elle a notamment participé\; à\; des expositions au FRAC Bourgogne\, au MUDAM à\; Luxembourg\, à\; la Lothringe r_13_Halle à\; Munich\, au CCC de Tours\, à\; Aspex Gallery &ag rave\; Portsmouth. Elle a ré\;alisé\; des expositions personnel les à\; La Station à\; Nice\, à\; la BF 15 à\; Lyon \, au FRAC Bourgogne et au Centre International d'Art et du Paysage à \; Vassiviè\;re. Elle pré\;sente au Palais de Tokyo dans \; le cadre de l'exposition "All that falls" (commissaires Marie de Brugeroll e et Gé\;rard Wajcman) une importante installation "Terre de Profonde ur"\, ré\;alisé\;e dans le cadre de sa ré\;sidence au CIA P\, Ile de Vassiviè\;re. \;

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