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« Above the road near a laurel wood\, I wrapped her up in gathered veils\, and I felt a little her immens e body. Dawn and the child fell down at the edge of the wood. » Arthur Rimb aud

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You enter Axel Pahlavi ‘s art the same way you would “enter the Church”\; by accepting that a force that is impossible to name will guide you into a narrative\, and take you by the ha nd to tell you a story of painting. For the artist\, all creation is a matt er of transformation\, but also a matter of relation to the other\, to the one who is willing to watch. Let us watch then…

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The exhibition is like a journey into a thought that is graduall y embodied\, and from painting to painting\, you have to follow the restrai ned strength of the staged gestures: from the strangeness of a bandaged han d with a forming drop of blood\, to the simplicity of a modest hand gently concealing genitals left in the shadow\, a choreography of smoothness is im plemented. The painter takes up the themes of the female clown\, and echoes a former painting (Love Stronger than Death\, 2010)\; but here the red nos e has fallen off\, and the face covered in white is raised\, open\, turned towards something other than itself\, and standing on something that is bey ond melancholy. Standing close by\, the body of the woman is still there\, naked\, and in a position of eternal waiting. The vertical canvas soars up towards a peak that could be a sky. The painting’s only backdrop is a big c reased drape\, and its
bareness\, that is also fullness\, moves deeply .

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« Talitha Koum »\, « young woman\, get up and walk! »\, such are the healing words of Christ. This imperative title coming from both Aramaic and the dawn of time could then be a call fo r life’s perpetual movement. This young woman is the Virgin Mary\, a woman who is still a child\, and whom Pahlavi depicts in a large format Annunciat ion\, and in keeping with the best western painting tradition. But unlike F ran Angelico or Botticelli’s paintings\, Mary is alone in the picture\, mod estly depicted in the lower left part of the painting. Archangel Gabriel is embodied in a great light that takes up almost all the space and conjures up abstract painting\, not unlike the perceptive depth of a painting by Rot hko: emptiness becomes a presence. The artist seems to be willing to hug th is small body that will\, however\, never break\; this embodiment of the in finite beauty of the world\, wrapped up in her delicate veil.

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Then it is Christ’s turn to come on\, a crying Chr ist supporting the body of a staggering person. It is the body of the artis t himself\, a figure of sin\, a monster\, a devastated clown in jeans and s neakers\, whose dancer body finally gives in to the laws of gravitation\, a n entirely unconscious body\, subjected to the other body\, the one that st ill has the strength to support it\, and to prevent it from crashing to the ground. What Pahlavi paints here in this strange self-portrait is the enco unter between human freedom and divine freedom\, within the communion of tw o bodies. At last\, « I.N.R.I »\, Christ is on the cross\, his hands nailed to it\, in a landscape of deep shades of blue\; the resurrection is still to come.

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Thus\, after the Crucifixion \, Axel Pahlavi paints the sweetest revelation\, that of the love of childh ood that now walks through a happy constellation\, just before the summer d awn humbly sets and lets the birds start their singing.

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Léa B ismuth\, art critic

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« En haut de la route\, près d’un bois de lau riers\, je l’ai entourée avec ses voiles amassés\, et j’ai senti un peu son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois. » Arthur R imbaud

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On entre dans l’œuvre d’Ax el Pahlavi comme on « entre en religion »\, en acceptant qu’une force que n ous ne pouvons pas nommer nous guide dans un récit\, nous prenne par la mai n pour nous raconter une histoire de peinture. Pour l’artiste\, toute créat ion est affaire de transformation\, mais aussi de relation à l’autre\, à ce lui qui accepte de regarder. Alors\, regardons...

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L’exposition se présente comme un voyage dans une pensée qui s ’incarne progressivement\, et il faut suivre\, de tableaux en tableaux\, la force contenue des gestes mis en scène : de l’étrangeté d’une main pansée à la goutte de sang qui perle\, à la simplicité d’une main pudique cachant légèrement un sexe laissé dans l’ombre\, c’est une chorégraphie de la douce ur qui se met en place. Faisant écho à un tableau précédent — L’Amour pl us fort que la mort\, 2010 — le peintre reprend la thématique de la fem me clown \; mais\, ici\, le nez rouge est tombé et le visage barbouillé de blanc s’est relevé\, ouvert\, vers quelque chose d’autre que lui-même\, sur un au-delà de la mélancolie. Tout près\, le corps de la femme est encore l à\, nu\, debout\, en position d’attente éternelle. La toile\, verticale\, s ’élance vers un sommet qui pourrait être un ciel. Avec pour seul décor un g rand drapé froissé\, elle bouleverse par son dépouillement\, qui est à la f ois plénitude.

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« Talitha Koum »\, « J eune fille\, lève toi et marche ! »\, telle est la parole guérisseuse du Ch rist. Ce titre à l’impératif venu de l’araméen et du fond des temps\, serai t alors une exhortation au mouvement perpétuel de la vie. Cette jeune fille c’est justement la Vierge\, femme encore enfant que Pahlavi représente dan s une Annonciation de très grand format\, dans la plus grande tradition de la peinture occidentale. Mais\, à la différence de Fra Angelico ou de Botti celli\, Marie\, modestement représentée dans la partie inférieure gauche\, est seule dans l’image. L’archange Gabriel s’incarne en une immense lumière qui envahit presque tout l’espace et évoque la peinture abstraite\, pourqu oi pas la profondeur perceptive d’un Rothko : le vide devient présence. L’a rtiste semble vouloir serrer dans ses bras ce petit corps qui ne peut pourt ant pas se briser\, cette incarnation de l’infinie beauté du monde\, fragil ement enveloppée dans son voile.

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Puis \, c’est au tour du Christ d’entrer en scène\, le Christ en larmes supporta nt le corps d’un être chancelant\, celui de l’artiste lui-même\, figure du péché et du monstre\, clown dévasté en jean et baskets\, au corps de danseu r laissant son poids se rendre enfin aux lois de la gravitation\, entièreme nt évanoui et soumis à l’autre\, celui qui a encore la force de le soutenir \, de l’empêcher de s’écraser sur le sol. Ce que peint ici Pahlavi dans cet étrange autoportrait\, c’est la rencontre de la liberté humaine et de la l iberté divine\, dans la communion de deux corps. Enfin\, « I.N.R.I »\, le C hrist est sur la Croix\, les mains clouées\, dans un paysage chargé de bleu s profonds \; la résurrection est à venir.

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Ainsi\, après la Crucifixion\, Axel Pahlavi peint la plus douce révél ation\, celle de l’amour de l’enfance qui marche désormais\, au centre d’un e constellation heureuse\, juste avant que l’aube d’été ne se lève humbleme nt et fasse entendre le chant des oiseaux.

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Léa Bismuth\, critique d’art

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