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Nowhere

Cueto Project

Exhibition Detail
Fuzzy logic
551 West 21st Street
New York, NY 10011


April 16th, 2009 - June 20th, 2009
Opening: 
April 16th, 2009 6:00 PM - 9:00 PM
 
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> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.cuetoproject.com
NEIGHBORHOOD:  
other
EMAIL:  
contact@cuetoproject.com
PHONE:  
212-229-2221
OPEN HOURS:  
Tuesday - Saturday : 10 am - 6 pm
> DESCRIPTION

 

Les connaissances dont nous disposons sur une situation quelconque sont

généralement imparfaites, soit parce que nous avons un doute sur leur validité, elles

sont alors incertaines, soit parce que nous éprouvons une difficulté à les exprimer

clairement, elles sont alors imprécises. Ces deux types dʼimperfection dans les

connaissances sont souvent intimement mêlés.

Ainsi, le monde réel apparaît-il à la fois imprécis et incertain. Il est rare que deux

éléments considérés comme semblables possèdent exactement les mêmes

caractéristiques (deux frères jumeaux sont généralement différentiables), les limites

des états de la nature ne sont pas toujours très nettes (le passage du jour à la nuit par

exemple). Même les données bien connues de lʼunivers sont parfois approximatives.

Les observations que nous recueillons sur lʼunivers peuvent donc être à la fois

approximatives ou vagues.

La logique floue conduit à raisonner sur de telles connaissances. La théorie des

possibilités qui a été introduite en 1978, par L.A. Zadeh, constitue un cadre permettant

de traiter des concepts dʼincertitude de nature non probabiliste. Lorsquʼelle est

considérée à partir de la notion dʼensemble flou, la théorie des possibilités constitue

un cadre permettant dʼexploiter, dans un même formalisme, imprécisions et

incertitudes.

Des applications existent dans la plupart des domaines. Citons par exemple

lʼéconomie, la médecine, les systèmes experts, lʼaide à la décision, la décision de


groupe, la reconnaissance des formes, la classification, les bases de données, le

traitement dʼimages, la robotique.

Bernadette Bouchon-Meunier. La Logique Floue, Paris, P.U.F.

Des saynètes imaginées par Nicolas Darrot, marionnettes motorisées telles des

greffes sur fétiches de laboratoire, on distingue assez vite quʼelles sont construites

sur des enchaînements de causalités.

Se trouvant, là, dans un espace plus ou moins amorphe, elles transportent avec elles

le microcosme de leur pensées circulaires, obsessions en boucle, tranches de vie,

double-binds, inductions et autres modes de lʼêtre pris en flagrant état dʼaliénation.

Une perruche, perchée au centre de sa cage ouverte, le crâne connecté à un

cerveau démesuré quʼelle tient en dʼimprobables bras, nous explique, par bribes, la

logique limpide de son enfermement.

Plus loin, un personnage sans visage nous raconte son histoire, faite de succès par

procuration et de demi-échecs, juste rançon de son incomplétude.

Ce sont également deux aspirants à la mise en scène, discutant sans fin dʼun film

dont on comprend bientôt quʼil restera éternellement un projet confus. Vanité du

projet aussi, chez cet entraîneur de tennis, qui sʼévertue à coacher une machine à

lancer les balles.

Chacun à sa manière, ces personnages se trouvent pris dans une machination de

leur propre existence, un dérèglement des causalités communes, qui nous place

devant la fragilité de cette frontière imaginaire séparant le vivant de lʼartefact. Si la

vie, en effet ne se limite ni à lʼacquisition de compétences, ni à la résolution de

diverses problématiques, il est toujours très difficile de définir des concepts comme

la liberté, des notions comme la poésie, dont nous sentons bien pourtant quʼelles

nʼéchapperont pas éternellement à lʼintelligence artificielle.

Et si lʼon se prend à rire de ces marionnettes et de la logique floue dans laquelle

elles se débattent, cʼest sans doute parce quʼelles nous rappellent aux cordelettes

invisibles qui nous manipulent. Lʼhorizon de la sauvagerie, du bon chaman croisé au

détour de lʼexposition, connecté aux énergies bio dʼun tellurisme de bon aloi, ne

saurait nous distraire bien longtemps des dynamiques à lʼœuvre dans ces automates.

Sʼils nous rassurent par la gaucherie de leurs pantomimes, cʼest pour mieux nous

observer au miroir de notre propre condition.


 

 

The knowledge we have about worldly situations is generally thought of as

imperfect because either we doubt their validity, which renders them uncertain, or

because it is difficult to define them clearly, thus they become imprecise. These

two types of imperfections are interrelated.

The real world appears at the same time both imprecise and imperfect. It is rare

that two such similar elements also possess the exact same characteristics, as

even twin brothers are differentiable. The limits of nature are not always very

clear; take for example the unobserved metamorphosis from day to night. Even

the well-known truths of the universe are at times estimations. As observers, we

collect vague information and consequently what we believe are facts about the

universe are actually merely approximations.

The concept of fuzzy logic brings us to reason on knowledge that is both

uncertain and imprecise. The “theory of possibilities,” introduced in 1978 by L.A

Zadeh, constitutes the notion of natureʼs uncertain probability in a defined

framework. When viewed under a fuzzy logic, the theory of possibilities can

formally exploit imprecision and uncertainty.


There exist examples of this phenomenon in various domains such as economy,

medicine, expert systems, consulting, classification, databases, imaging, and

robotics.

Bernadette Bouchon-Meunier, The Fuzzy Logic, P.U.F

In Nicolas Darrotʼs wildly imaginative miniature spectacles featuring mechanical

marionettes reminiscent of laboratory transplant experiments, it is rapidly

ascertained that their construction is based on a conceptual chain of causalities.

In a somewhat amorphous space, these creatures transport a microcosm of

circular thoughts, of obsessive circuits and des tranche de vie, of double

entendres and inductions, and of other alienating existential modes.

Perched in the middle of her opened cage is a parrot with her skull connected to

a disproportionate brain, held by its own meek wings. With a shrill, surly voice

and in a rather fragmentary fashion, she explains to her spectators the limpid

logic behind her imprisonment. A bit further away, a character without a face tells

its history of successes and half-failures by procuration, which seem to represent

a fair share of the characterʼs shortcomings. Simultaneously in an adjacent room,

two aspiring producers are engaged in endless discussion about a film; through

their dialog it becomes apparent that the film in question will forever remain a

confused and unrealized project. In another corner, a tennis coach who strives to

direct a tennis ball machine reveals a projectʼs vanity.

Each in its own way, Darrotʼs characters find themselves trapped in the

mechanization of their own existence, a disjunction of common causalities that

are presented with a fragile imaginary frontier separating the real from the

artifact. Just as life does not limit itself solely to the acquisition of skills or to the

resolution of diverse problematic, it is therefore extremely difficult to define the

concepts of liberty or even the notion of poetry, yet humanity will not

indeterminately escape the realm of artificial intelligence. Thus, if we find

amusement and humor in Darrotʼs characters and the way they debate the idea

of fuzzy logic; it is probably because they remind us that there are invisible

strings manipulating us as well. At the brink of pure savagery, the exposition

might arise primitive notions, yet it does not distract from the raw energy of the

automated creatures: if they quell our inquietudes with the clumsiness of their

pantomimes, it is because they but provide a self-reflective tool by which to peer

deeply into our own human condition.

Translated from the original French

 

 


 


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