STREET now open! Chicago | Los Angeles | Miami | New York | San Francisco | Santa Fe
Amsterdam | Berlin | Brussels | London | Paris | São Paulo | Toronto | China | India | Worldwide
 
Nowhere

Galerie VidalCuglietta

Exhibition Detail
Reincarnare
5 Bd Barthelemy
1000 Brussels
Belgium


September 7th, 2012 - November 17th, 2012
Opening: 
September 7th, 2012 4:00 PM - 9:00 PM
 
Tulips, Amy GranatAmy Granat, Tulips,
2012, 8 photograms, 164 x 104 cm
© Courtesy of the artist and Galerie VidalCuglietta
Reincarnare, Amy GranatAmy Granat, Reincarnare,
2012, digital print
© Courtesy of the Artist and Galerie VidalCuglietta
< || >
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://vidalcuglietta.com
NEIGHBORHOOD:  
other
EMAIL:  
info@vidalcuglietta.com
PHONE:  
+32 2 502 53 20
OPEN HOURS:  
Closed
TAGS:  
sculpture, photography, film
> DESCRIPTION

Brussels Art Days
Opening Fri 7 Sep 4 – 9pm
7-8-9 Sep 2012
from 12 - 7pm

Galerie VidalCuglietta is pleased to present the new solo exhibition of the young New-York based artist Amy Granat, Reincarnare.

Much as been said about the experiments in structural filmmaking in the 1960s and 1970s. Perhaps one way to summarize the work of artists such as Joyce Wieland, Hollis Frampton, Paul Sharits, Anthony McCall, or Tony Conrad is that they took film down to its most basic elements: light + material + motion + time. Instead of focusing on how to use film to narrate a story, these artists addressed its phenomenological properties and the ways film could engage the perception of material and light, over time. These filmmakers broke film—they performed an act of physical and ontological violence that took apart basic assumptions about the nature of film. But in many ways, their intentions were cerebral and academic, and their methods borderline clinical. Amy Granat, working forty years later, gives these formal experiments some heart and soul.

If film is broken, Granat loves the beauty of its demise. While her work certainly follows the legacy of the structural project by avoiding narrative in favor of light and materiality, her act of breaking comes with the sense of touch and a belief the re-birth. To break film means to break light, to break material, to break motion, and to break time. Granat’s films, photographs, sculptures, paintings, songs, performances, and texts perform each of these acts with elegance and sincerity. She scratches film stock not to destroy it but to allow the generative properties of light to shine through it. She loops films not to subvert linear structures but to create a relationship between the cycles of a film projector and the cycles of natural phenomena—the sunrise/sunset, absence/presence, ying/yang. She stops film not by printing film stills—because film isn’t ever still—but with photographs of shadows, because obstructing light is something film always also does. And perhaps most importantly, Granat takes apart film’s time-based nature and disrupts any distinctions between past-and-present or beginning-and-end. In this exhibition, time doesn’t work: it loops, stops, repeats, leans, hovers, and remains out of focus. All of these gestures make film impossible, and, as such, demand its reincarnation.

Reincarnare is the title Granat gives to this exhibition, referring to the moment of reincarnation—a moment when linear time undoes itself.

It Comes and It Goes… (all works 2012) is an installation featuring four framed photographs, an oil painting, and a 16mm film projection. Kept off the wall, the works lean on a shelf and are arranged in such a way as to incorporate the projection as one of the “shelved” pieces. The prints are enlarged images of projected light, made by the artist in a darkroom, and the film is a scratched version of Olivier’s Zero, a film Granat made in 2006 of one of Olivier Mosset’s famous circle paintings. Overall, the assemblage evokes the tradition of Aby Warburg’s anachronistic archeology, but instead of providing a constellation of disparate images, Granat re-proposes, albeit in different forms. No matter their medium, each work is an object—arranged on a shelf—that stands in for the timeless cycle of light and dark. As such, the work repeats itself, like a poem of different but synonymous words.

If It Comes and It Goes is a film that happens vertically, Hidden Mango High happens horizontally. Loosely placed on top of framed prints are other unframed prints. Once again, images and physical forms repeat and accumulate, the same way a filmstrip involves compilation and disguise.

LLanterns is a double projection of the same film, and like the double L in its title, they slightly skip and repeat out of synch. With the camera swaying slightly in Granat’s hand, registering the movements of her own breathing body, the film captures a lantern festival at sunset. As objects, the lights are artifacts with specific cultural references. As filmed objects, however, they take on a timeless air of celestial bodies, sharing space with the evening sky. Repetitions, patterns, and cycles are fundamental to way film’s structure works, but are just as fundamental to the way nature itself works. While Granat is drawn to the structures that lie behind the making of moving images, she takes film apart by bringing it back to life and by maintaining a close connection to the body, to organic forms, to landscape, and to the natural magic of light. 

In film, as in life, it all begins and ends with light.

Anthony Huberman, August 2012 


La Galerie VidalCuglietta est heureuse de présenter la nouvelle exposition personnelle de la jeune artiste New-yorkaise, Amy Granat, Reincarnare.

Beaucoup de choses ont été dites au sujet des diverses expériences sur la réalisation de films structurels dans les années 60 et 70. On peut résumer la démarche et le travail d’artistes comme Joyce Wieland, Hollis Frampton, Paul Sharits, Anthony McCall, or Tony Conrad au fait qu’ils ont ramené le film à ses éléments les plus basiques: lumière + matériau + mouvement + temps. Au lieu de se focaliser sur la façon d’utiliser le film pour raconter une histoire, ces artistes se sont concentrés sur ses propriétés phénoménologiques et, au fil du temps, sur la façon dont le film pouvait jouer sur la perception du matériau et de la lumière.

Ces vidéastes ont cassé le film – ils ont commis un acte de violence physique et ontologique qui a eu pour but de démonter les hypothèses classiques de la nature du film. D’une certaine façon, leurs intentions étaient cérébrales et académiques et leurs méthodes quasi cliniques. Amy Granat, qui œuvre 40 ans après ces cinéastes, donne à ces expériences formelles un cœur et une âme.

Si le film est détruit, Granat aime la beauté de sa disparition. Alors que son travail s’inscrit dans l’héritage du projet structurel de ses prédécesseurs, évitant la narration pour privilégier la lumière et la matérialité, son geste de cassure est accompagné d’un touché particulier et d’une certaine croyance en la renaissance. Casser un film signifie casser la lumière, le matériau, le mouvement et casser le temps. Les films, photographies, sculptures, peintures, chansons, performances et textes d’Amy Granat font tout cela avec élégance et sincérité. Si elle « scratch »la pellicule d’un film, ce n’est pas pour la détruire mais pour permettre aux propriétés génératrices de la lumière de briller au travers. Si elle réalise des films en boucle, ce n’est pas pour subvertir leurs structures linéaires mais pour créer une relation entre les cycles du projecteur et les cycles des phénomènes naturels – lever/coucher du soleil, absence/présence, ying/yang. Si elle arrête le film, ce n’est pas pour en imprimer une photo, car le film n’est jamais immobile, mais pour prendre des photographies d’ombres, car obstruer la lumière est une chose que le film fait toujours. Et peut-être, plus important encore, Granat démonte la nature temporelle du film et brouille toutes distinctions entre passé et présent, début et fin.

Dans cette exposition, le temps ne fonctionne pas : il fait une boucle, s’arrête, se répète, s’incline, vacille et reste hors-champs. Tous ces gestes font en sorte que le film est impossible et en appellent à sa réincarnation.

Reincarnare est le titre qu’Amy Granat a donné à cette exposition en se référant au moment de la réincarnation, un moment où le temps linéaire se dissout lui-même.

It Comes and It Goes… ,2012 , est une installation composée de photogrammes encadrés, d’une peinture et de la projection d’un film en 16 mm. Les pièces reposent sur une étagère et sont agencées de façon à ce que la projection fasse partie intégrante des œuvres apposées au mur. Les impressions sont des images de lumière agrandies et projetées, réalisées par l’artiste dans une chambre noire, et le film est une version « scratchée » d’ Olivier’s Zero un film réalisé par Granat sur un des fameux cercles de peinture d’Olivier Mosset. Globalement, l’assemblage évoque l’archéologie anachronique d’Aby Warburg, mais au lieu de former une constellation d’images disparates, Granat fait une nouvelle proposition, et ce sous différentes formes. Peu importe le support utilisé, chaque œuvre est un objet – arrangé sur une étagère – qui alterne avec le cycle éternel de lumière et d’obscurité. Ainsi, le travaille se répète, tel un poème composé de mots variés mais tous synonymes. Alors que It comes and It goes… est un film projeté verticalement, Hidden Mango High est, quant à lui, horizontal. Des tirages (photogrammes) non encadrés sont placés librement sur d’autres œuvres, elles, encadrées. Encore une fois les images et les formes physiques se répètent et s’accumulent comme la pellicule d’un film faite de compilations et de camouflages.

LLantern est une double projection du même film, et comme le double L de son titre, les deux films non-synchronisés se répètent et se superposent légèrement. Avec la caméra se balançant doucement dans la main de l’artiste et enregistrant le mouvement de son corps qui respire, le film montre un festival de lanternes au coucher du soleil. En tant qu’objets, les lumières sont des artefacts attachés à des références culturelles spécifiques. Comme objets filmés, elles prennent alors des airs de corps célestes éternels, se partageant l’espace avec le ciel au crépuscule. Les répétitions, les motifs et les cycles sont fondamentaux pour structurer un film, tout aussi fondamental que l’est le fonctionnement de la nature. Alors que Granat est attirée par les structures qui se cachent derrière l’art de faire bouger les images dans la création d’un film, elle démonte le film et le ramène à la vie, en y maintenant une connexion aux corps, aux formes organiques, aux paysages et à la magie naturelle de la lumière. Dans les films, comme dans la vie, tout commence et finit avec la lumière.

Anthony Huberman, Août, 2012


Copyright © 2006-2013 by ArtSlant, Inc. All images and content remain the © of their rightful owners.