Ce jeune artiste a fait ses premiers pas dans l’univers de la B.D avant d’être happé par les arts plastiques, mais ces distinctions sont-elles vraiment importantes ?
Car, dans l’œuvre de Michael Matthys , tout renvoie au dessin et au récit.
Par le fusain, la mine de plomb, le sang animal recueilli dans les abattoirs, en rouge et en noir, naissent mille histoires qui s’enracinent le long de la route du fer et du charbon, là-bas, près de Charleroi où il naquit en 1972.
Ses peintures, violentes et sauvages, parlent du combat des hommes de l’acier et du feu, de leurs espoirs et des désillusions qui suivirent. Ses livres ont pour héros les centaines d’anonymes, oubliés, niés et sacrifiés sur l’autel du profit.
« Moloch » en 2003, « La ville rouge » et « Je suis un ange » en 2009 ont la force d’un manifeste pictural dédié à la mémoire collective d’une région qu’on a voulu briser et que Michael Matthys s’emploie lui à rêver donc à relever.