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Brussels

Galerie Nathalie Obadia - Bruxelles

Exhibition Detail
Carole Benzaken , Huma Bhabha
Rue Charles Decoster 8
1050 Brussels
Belgium


January 22nd, 2010 - April 17th, 2010
Opening: 
January 22nd, 2010 6:00 PM - 8:00 PM
 
(Lost) Paradise 8, Carole BenzakenCarole Benzaken, (Lost) Paradise 8,
2007, Acrylic on Canvas, 80 x 70 cm
© Carole Benzaken
Untitled, Huma BhabhaHuma Bhabha, Untitled,
2008, ink on paper, 31.1 x 41.3 cm
© GALERIE NATHALIE OBADIA - Bruxelles
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> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galerie-obadia.com
NEIGHBORHOOD:  
Center - Uptown
EMAIL:  
infobxl@galerie-obadia.com
PHONE:  
+32 (0) 2.648.14.05
OPEN HOURS:  
Tue-Fri 10-6; Sat 2-6 and by appointment
> DESCRIPTION

Huma Bhabha

Oeuvres sur papier

Artiste complète, son travail rassemble sculptures, oeuvres photographiques retravaillées à lʼencre et oeuvres sur papier, et évoque l'art primitif, des rituels venus d'autres cultures ou des personnages issus de secousses post-apocalyptiques. Ses peintures conservent un aspect très mystérieux dont on ne sait s'il se situe à l'ère primitive ou au contraire aux abords d'un nouveau monde après une destruction planétaire. Elles dégagent également une grande spiritualité.
Dans les mains dʼHuma Bhabha, les formes originelles, un visage, un corps, sont tordues, transformées pour donner des formes hybrides. La grande originalité de l'oeuvre de Bhabha réside dans un sens presque religieux donné à ses oeuvres, proche du Chamanisme de Beuys, qui lui aussi travaillait des matériaux très simples et chargés de sens. Elle se réfère aussi au poème de Percy Bysshe Shelley, l'Ozymandias dont une des interprétations du sonnet est que le temps gagne toujours, la nature prévaut toujours à la fin. Seront exposées à la galerie Nathalie Obadia de Bruxelles des photographies repeintes et des oeuvres sur papier où l'on sent les racines de Huma Bhabha, le Pakistan dont elle photographie les ruines et le désert et dont elle revendique les racines profondes. C'est encore un paysage apocalyptique sur lequel elle dessine de grands pieds de colosse. Est-ce pour montrer l'enracinement et la fossilisation des cultures ou est-ce la fuite devant les paysages désolés? Dans ses oeuvres, aux couleurs intenses et profondes, Huma Bhabha, donne une grande profondeur aux regards et aux visages mi-humains, mi-simiesques.

 

Carole Benzaken

Oeuvres Récentes

Le travail de Carole Benzaken s'appuie à la fois sur une banque d'images prélevées dans la presse et les médias et sur une base de films et de photographies personnels. Oeuvrant tout à la fois dans la profondeur du tableau peint, à la surface du médium numérique, l'artiste parvient à mettre en scène un théâtre multiple, qui travaille simultanément le dedans et le dehors, l'intime et la surface, le code collectif et la mémoire individuelle.
Abandonnant les repères anthropomorphiques dʼune vision trop statique, elle propose une logique visuelle inédite, multiaxiale, sans hiérarchie, ouverte sur lʼinfini tout en prenant sa source au plus intime de lʼimaginaire.
Un regard de lʼenvol, capable de mixer zooms et plans panoramiques, réalisme et rêve.
Là où le modèle cinématographique demeurait conforme à la structure rationnelle de la culture occidentale qui se construit selon une logique narrative de causes à effets, dʼun début vers une fin, la matrice rhizomatique du flux numérique expose le navigant à des logiques intellectuelles inattendues. Mais Carole Benzaken ne demande pas au spectateur de choisir. Au contraire, elle a plutôt lʼair de prendre acte dʼune période de mutation passionnante, qui autorise toutes les hybridations. Si le travail veille à toujours surprendre en nʼétant jamais tout à fait là où on
lʼattend, il se construit à la frontière dʼun dispositif cinématographique inscrit dans le déroulement et la durée, et dʼun dispositif en écran, qui stratifie le visible, jouant davantage de lʼépaisseur optique que de la profondeur
narrative. Si bien que, de toutes parts, on retrouve une oscillation entre lʼimage-mouvement, qui file de la gauche vers la droite et brouille la figure, et lʼimage-écran qui se trame, se tresse et sʼopacifie à force dʼadditionner les calques dans lʼépaisseur de lʼimage.
Il en va ainsi de la proposition synthétique de La manne. Trois écrans disposés en triptyque diffusent la séquence infinie dʼune marche. Un homme progresse à lʼhorizon dʼun paysage qui hésite entre paradis et “ no manʼs land ”, zone frontière entre sable et océan. Alors que la progression du personnage renoue avec la linéarité du Rouleau à Peinture, le morcellement en trois écrans de cette errance se souvient de la mise en grille moderniste des Tulipes ou de la série By Night, cherchant à contenir la fluidité du présent numérique. Mais ici, Carole Benzaken superpose à la surface de son déroulé infini une seconde grille, picturale et aléatoire celle-là, qui troue et couvre simultanément lʼensemble du flux cinématographique. Cʼest toute une esthétique de lʼépaisseur de lʼimage numérique qui se dévoile alors, pour mettre à nu les illusions narratives et rationnelles dʼune image construite sur un mensonge mimétique.
Ce va et vient entre image-mouvement et image-écran devient particulièrement opératoire dans la confrontation entre les (Lost) Paradise et les Zem. Dans un cas, le spectateur plonge de plus en plus loin derrière les trames de peintures qui irriguent en grilles aléatoires la surface dʼimageries codifiées, évoquant tout à la fois des vacances paradisiaques et la mémoire coloniale des plages de lʼesclavage. La peinture se fait surface et texture du souvenir, offrant une matière à la membrane translucide du refoulé historique. Dans lʼautre cas, le spectateur est aux prises avec une fugacité insaisissable, qui impose un vertige du regard et attaque la stabilité du visible.
Quelque chose traverse la peinture, qui nʼest plus quʼun “ moyen de transport ”. La narration se noie à ce point dans la vivacité du présent, quʼil nʼest plus permis de comprendre dʼoù vient lʼinstant, ni où il part. Ne reste dans lʼoeil quʼune rémanence rétinienne, toute entière ancrée dans la référence à une logique cinématographique, qui avoue son inaptitude à rendre compte du présent. Seule une trace de peinture demeure, comme une tache jaune inoubliable.

Stéphanie Katz, 2009

 


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