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Brussels

anyspace

Exhibition Detail
Solo Exhibition
59 RUE VAN EYCK
BRUSSELS 1050


April 19th, 2013 - May 25th, 2013
Opening: 
April 19th, 2013 6:00 PM - 10:00 PM
 
with Hendrick Goltzius (Dragon dévorant les compagnons de Cadmus) 01, Boris ThiebautBoris Thiebaut,
with Hendrick Goltzius (Dragon dévorant les compagnons de Cadmus) 01,
2012, 195 x 145 cm
© Courtesy of the Artist and anyspace
 With Jacques Callot (les gobbis) 05 , Boris ThiebautBoris Thiebaut,
With Jacques Callot (les gobbis) 05 ,
2009 , mixed media on paper , 180 x 120 cm
© Courtesy of the Artist and anyspace
Acid Music and Dutch Manierism , Boris ThiebautBoris Thiebaut, Acid Music and Dutch Manierism ,
2013, in situ installation view (MAAC, Bruxelles)
© Courtesy of the Artist and anyspace
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> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.anyspace.be/index.php
NEIGHBORHOOD:  
Ixelles-Elsene
EMAIL:  
info@anyspace.be
PHONE:  
+32 471 882 617
OPEN HOURS:  
THURSDAY to SATURDAY 14-18H or BY APPOINTMENT
TAGS:  
abstract
> DESCRIPTION

Boris Thiébaut remains faithfully loyal to a fixed choice of materials , dimensions, and page layout. With a fine sense for -typographic- design he connects, in his drawings, out-of-context doodles with details from etched historical scenes. He always manages to reach a symbiosis of opposites within the confines of the paper base. It is one of his most important stylistic characteristcs . In essence he creates a dialogue between earlier, self-drawn notes with cut-outs of sixteenth century engravings. The hatchings, typical of this technique, are enlarged and coloured in like planes while the stains of his doodles in the enlargement are filled in with pencil lines. Copied details from the work of other -dead- artists are given as much importance as his own re-used old logo and boredom drawings.  The drawings are as it were a collection of "appropriations" of fragments from his own and the collective memory.

In the drawings of Boris Thiébaut, details from the past are integrated in a contemporary environnement through the use of timeless materials. A few years ago, the artist started using the space outside of the picture plane. His first black and white wallpaitings consisted of extremely enlarged sections of etchings by Jacques Callot and Hendrick Goltzius. Through the enlargement, the lines of the old engravings became planes in a abstract network. It is hard to deduce the origin of the picture from what is presented here. These floor-to-ceiling sized logos became backgrounds (décor) for a serie of drawings. Aside from this evolution, current affairs are given more and more importance in his young oeuvre. In recent work made for the public space, the artist has incorporated traces from contemporary youth culture, such has graffiti and sprayed-on slogans, in an artistic commission assignement.


Boris Thiébaut. Non-histoire discontinue
par Pierre-Olivier Rollin                                                                                

Le travail plastique de Boris Thiébaut peut suggérer des rapprochements avec d’autres constructions éclatées, à la manière des écrits de William S. Burroughs. Certes, entre l’univers halluciné produit par les psychotropes et les emprunts à une histoire classique de la gravure et du dessin (Hendrik Goltzius, Jacques Callot), les accointances ne sautent pas immédiatement aux yeux ; mais le travail de Boris Thiébaut a cette faculté de rassembler en un ensemble cohérent des éléments disparates ou éloignés, voire a priori étrangers l’un à l’autre. Ses œuvres peuvent alors s’appréhender comme ces moments de rencontres improbables, où des fragments empruntés à des compositions plus anciennes croisent les développements de registres graphiques variés (traits dessinés, signes typographiques normalisés, effacements à la gomme, etc.), ou des formulations plastiques contemporaines.
 
Ainsi, dans ses dernières séries, des reproductions de détails des gravures anciennes naissent de l’effacement à la gomme d’un fond crayonné ; lui même obtenu par un réseau dense de traits libres, presque inconsciemment griffonnés par l’artiste, en réminiscence à ses travaux précédents, alors inspirés par les doodles. Le geste quasi automatique qui déroule les doodles ou les hachures se confronte ensuite à la rigueur maniériste d’un second geste, d’effacement cette fois, qui enfante le formes reconnaissables. Le fond des dessins peut ainsi évoquer une forme d’écriture hallucinée, produite sous influence ; tandis que la technique de gommage s’apparente au geste méticuleux du graveur qui burine sa plaque. Liberté gestuelle et maîtrise technique, raccourci du couple passion et raison, se télescopent ainsi pour donner forme à une figure mythologique ancienne, qui vient se confronter à la planéité autoritaire des formes rectangulaires noires, symbole d’un modernisme qui n’en finit pas d’hanter la production artistique actuelle.  
 
Le travail de Boris Thiébaut se construit ainsi comme un « montage par superposition », pour reprendre l’expression qu’utilise Jean Arnaud. Cette technique permet de « traduire variablement une durée stratigraphique ou un espace-temps psychique, entre transparence et opacité (…) L’espace plastique ainsi feuilleté permet de confondre diverses durées dans un seul présent apparent de la fiction et le spectateur doit ordonner arbitrairement ce qui est dessus ou dessous, avant ou après, pour construire lui même le récit. »(1)  Les univers de Burroughs et de Thiébaut sont donc peut-être moins éloignés qu’un premier abord le laisserait penser ; l’un comme l’autre se rejoignent encore sur la mise en forme de nouvelles modalités de récit.
 
Evidemment, il ne s’agit ni pour l’un, ni pour l’autre, de s’inscrire dans une narration linéaire, posant la maîtrise d’un continuum spatio-temporel, mais bien d’autres structurations de récit, davantage éclatées, obligeant le spectateur-lecteur à retisser les fils lâches de multiples narrations dispersées et juxtaposables. Exercice plus complexe pour nos habitudes d’entendement formatées par la communication de masse, mais probablement mieux adapté aux besoins de notre époque tourbillonnante. Le premier grand théoricien des médias, Marschal McLuhan, notait d’ailleurs que « Si l’existence collective doit être transcrite sur papier, il faut employer la méthode de  “non-histoire discontinue” ». Et c’est bien de cette « non-histoire discontinue » dont traitent in fine les dessins et installations de Boris Thiébaut.
 
Pierre-Olivier Rollin
 
 
(1) Jean ARNAUD, « Les vêtements de l’Histoire. Sigmar Polke, Jean-Luc Godard et le montage par superposition », in Sylvie COËLLIER, Le Montage dans les arts aux XXe et XXIe siècles. Actes des Journées d’Etudes du 27 et 28 octobre 2006, Université de Provence, Coll. « Théorie et pratique des arts », 2008.     


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