Parmi les points de vue sur l’art des dernières décennies, celui s’appliquant, dialectiquement, aux relations avec l’espace urbain ne serait sans doute pas le moins fructueux. L’art a quitté l’intimité des musées, et à l’inverse, ce qui s’est passé dans les rues, sur les murs, disons globalement le street art, s’est imposé par son inventivité, par ses interrogations, interpellations, sur l’individu, sur la société. Voilà pour l’origine des activités artistiques de The Plug, et ses œuvres en ont gardé comme une urgence, quelque chose de direct, au-delà de leur indéniable qualité formelle, plastique. Les photographies ramènent de façon insistante à des lieux où règne le ravage, et la poésie n’en recouvre pas la désolation, le cri de l’effroi, même si telles ouvertures tiennent peut-être de quelque promesse. De promesse, et promesse de Destin simplement, très concrètement, c’est de cela qu’il s’agit, toujours au-delà de l’épurement du néon, dans ces lignes censés tracer un destin. The Plug travaille pour cela avec des femmes et des hommes qui se trouvent en marge de la société, mis à son ban; l’artiste réalise que leur existence, dans sa nudité, dans sa réduction extrême, se fait quand même irradiante.
Lucien Kayser
Les Lignes de destinée représentent les lignes de la main des drogués et/ou marginaux reproduites en néon.
I Love you but’ I’ve Chosen Darkness (La métamorphose)
Il s’agit de paravents derrière lesquels se cachaient réellement les toxicomanes pour s’injecter l’héroïnes dans la salle de shoot.
La toile d’araignée (symbole de l’addiction dans les codes de tatouages russes), est tressée et posée à la manière d’un vêtement ou d’une parure que l’on enfile ou que l’on enlève.
Ce tatouage, à la manière d’un bijou ou d’un habit, transforme de manière presque indélébile toutes les personnes qui l’endossent. Rares sont ceux qui passent derrière ce paravent pour enlever de manière définitive ce symbole.