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Priming the Future Martine Stig's Cauchy Horizons

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Black holes have a ‘point of no return ’  beyond which nothing comes back\; not  even light can escape. In physics these  so-called outer and inner event horizons  are considered gateways t o the future and  bridges into parallel universes. The phenomena are so str ange that it comes as no  surprise that science fiction has often been  need ed to present us with visions of the  future and possible new worlds. In Cauchy  Horizons Martine Stig investigates the  visual language of s cience fiction cinema  as the ‘gravitational force’ of our collective  imagi nation. Landmark sci-fi films ranging from Voyage dans la lune\, Metropol is and La jetée to A Space Odyssey\, Solaris and  Videodr ome\, present patterns of symmetry\,  birds eye perspectives\, double projections\,  grids\, screens\, circles\, pipes and lines\, and  other aes thetic forms and figures (such as  hibernating\, sleeping or running humans)  that have shaped our image of the future.  Is it possible to envision what lies beyond  this matrix of visual culture or is this our  own point of no return? Stig travelled  to Tunis\, Shenzhen\, Geneva/CERN and  Athens\, ci ties that are on the verge of  transition and captured glimpses of the  fut ure with her camera’s eye. The photos  are alienating and familiar at the s ame  time. They are alienating because we cannot (always) recognise which o f the four  cities the shot was taken in. Stig’s camera  has transformed th em into ‘any-spaceswhatevers’\, as Deleuze called these types  of non-local isable\, slightly disorienting  images that are nevertheless rich in affecti ve quality and virtual potentiality. You  get the strange sense of a future that has  happened\, a future that is happening and  a future that will ha ppen somehow hidden in the visual field. They are familiar  because we recog nise the patterns and  shapes. 

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In earlier work\, such as her film Su to-ri- (2007) and Play (2010)\, Stig also transformed the doc umentary reality of modern cities\, editing footage of the streets  of Toky o or New York into a suggestive  narrative or adding surveillance suspense\ ,  building on the same power of the collective unconscious of cinematograp hic  clichés. Cauchy Horizons is not a film\,  but a series of phot ographs\, presented in  a particular order thus implying some  form of spat ial montage sequence. Stig’s  montage follows a serial logic of graphic  ma tches and contrasts in colour and black  and white. They present abstract v ariations on flash forwards.

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Each photo in Cauchy Horizons seems  to be part of a database of images that  can be classified according to it s aesthetic  principles and futuristic themes. Not only  the images that ar e presented\, but also all  other images of the future we have stored  in o ur collective cinematographic archive.  The images could be replaced by oth er  images from that database\, their order  could be re-arranged. Stig’s w ork demonstrates that contemporary cinema presents  a database logic that a llows endless series\,  endless sequences\, endless variations of  the futu re\, limited only by the priming  operations of the shapes and lines within  each detachable frame. Visual culture is  a Cauchy horizon\, a sort of me mbrane  that makes it impossible to see what lies  beyond.

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Appré hender le futur martine stig\, ‘cauchy horizons’

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Les trous noirs possède nt « un point  de non retour » au-delà duquel rien ne  revient \; la lumièr e elle-même ne peut  y échapper. En physique\, ces horizons  extrêmes des t rous noirs\, ainsi qu’on les  désigne\, sont considérés comme étant des  po rtes d’entrée vers le futur et des passerelles vers des univers parallèles.

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Ces phénomènes sont si étranges qu’ils  rejoignent en cela ce que la s ciencefiction a toujours eu le besoin de nous  exposer\, avec ses conceptio ns du futur et  de potentiels nouveaux mondes. Dans  le projet Cauchy H orizons\, Martine Stig appréhende le langage visuel du cinéma de  scie nce-fiction au titre de « force gravitationnelle » de notre imagination col lective.  Les principaux films de science-fiction  allant du Voyage dans la lune\, à  Métropolis en passant par La jetée\, 2001 : L’odyss ée de l’espace\, Solaris ou Videodrome présentent  en effet des dessin s symétriques\, des  perspectives à vol d’oiseau\, des doubles  projections \, des grilles\, des écrans\, des  cercles\, des tuyaux et des câbles et d’ autres  formes esthétiques et figures (tels que  des hommes courrant\, endo rmis ou en  état d’hibernation) qui ont profondément  modelé notre image du futur.  

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Est-il possible d’envisager ce qui se cache  au-delà de ce com plexe de culture visuelle\,  où serait-ce là se risquer à entrevoir notre   propre « point de non retour » ? Stig a  voyagé à Tunis\, Shenzhen\, à Genè ve  et plus particulièrement au cern (siège  de l’Organisation pour la rech erche  nucléaire)\, et enfin à Athènes\, des villes  qui se trouvent dans d es états transitoires\,  et a capturé avec l’œil de son appareil  photograp hique de brèves visions du futur.  Les photographies nous apparaissent tout  à la fois étrangères et familières.  

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Elles nous sont étrangères parce que  nous ne pouvons pas toujours reconnaître  dans laquelle des quatre vi lles la prise  de vue a été réalisée. L’appareil photo de  Martine Stig les a converties en des espaces  quelconques\, ainsi que Deleuze nommait  ces types particuliers d’images non localisables et légèrement déroutantes\, qu i n’en  sont pas moins riches de qualité affective  et de potentialité virt uelle. Vous est  transmise l’impression énigmatique d’un  futur qui a déjà eu lieu\, d’un futur qui est  en train de se dérouler\, et d’un futur qui   est caché là quelque part dans le cœur du  champ visuel.  

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Si les photog raphies de Stig nous sont  étrangères\, elles nous sont aussi familières  p arce que nous y reconnaissons des motifs  et des formes.  

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Dans de précé dents travaux\, tels que  ses films Suto-ri- (2007) et Play (2010)\,  Stig s’est aussi employée à transformer la  réalité documentai re des villes modernes\,  en réalisant des montages de séquences trouvées\, tournées dans les rues de Tokyo  ou de New York et en y insufflant une  di mension narrative ou en y révélant un  suspense de la surveillance\, établi sur le  même pouvoir qu’exerce les clichés ciné- matographiques sur l’inco nscient collectif.  Cauchy Horizons\, pour sa part\, n’est pas  un film mais une série de photographies  présentée dans un ordre particulier\ ,  suggérant une sorte de séquence cinématographique déployée dans l’espace . Le  montage de Stig suit une logique faite  de correspondances graphiques et de  contrastes de couleur et de noirs et blancs.  Ceux-ci sont autant d e variations abstraites sur des rythmes accélérés allant de  l’arrière vers l’avant.

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Chaque photo de Cauchy Horizons semble faire partie d’une base de données  d’images pouvant être classées selon leurs  principe s esthétiques et leurs thèmes futuristes. Mais ce ne sont pas seulement les  images présentées dans cette exposition  qui constituent cette base de do nnées \;  s’y trouve également l’ensemble des  images du futur que nous avo ns stockées  dans notre mémoire cinématographique  collective.

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Les imag es de l’exposition pourraient  être remplacées par d’autres images de  la b ase de donnée\, leur ordre pourrait  être modifié. Le travail de Martine St ig  démontre que le cinéma contemporain  présente une logique de base de do nnée  qui autorise d’innombrables séries\,  d’innombrables séquences\, des variations  sans fin quant au futur\, à l’avenir\, que  seule la constituti on de l’image advenant  régulièrement devant nos yeux en des  formes et des lignes surgissant du néant  nous empêche d’entrevoir.  

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La culture visu elle est un horizon de  Cauchy\, une sorte de membrane qui nous  empêche de voir ce qu’il y a au-delà.

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